"Entre sa naissance et sa mort, cet enfant n'a fait que mourir"

Arnaud Desplechin, je t'aime, je te hais.

Cet homme a l'art de filmer le drame et l'implosion du noyau familial, les secrets et les tensions régnant au sein d'un groupe social, que dis-je, d'une cellule, avec une infinie justesse, souvent déconcertante.
Bien sûr, on aime Desplechin ou on le hait tout bonnement, bien sûr, on serait tentés de dire qu'il fait toujours les mêmes films, parce que toujours les mêmes acteurs (Mathieu Amalric donc, Emmanuelle Devos, Catherine Deneuve, Hippolyte Girardot, ...), et les mêmes thèmes qui reviennent sur fond d'éclatement familial (le deuil, la folie, la maladie), bien sûr, on retrouve souvent la même mise en scène (la lettre, les face caméra, la narration par un personnage, une caméra furtive), oui, bien sûr.
Mais il a ce savoir, ce talent de nous faire vivre ces scènes-là, de faire exister ses personnages, de les rendre douloureusement, follement humains. Les repas de famille d'"Un Conte de Noël", nous y sommes conviés, Elisabeth pourrait être une tante dépressive, et Henri un cousin excentrique, quant à Paul, Paul... Personne ne préfère aborder le sujet.
La caméra nous déstabilise par sa non-linéarité, ses mouvements un peu brusques parfois, et ses zooms qui n'en finissent plus sur le visage de Mathieu Amalric, lisant sa lettre à la sœur qui l'a banni, en écho à celle que lisait Maurice Garrel à sa fille tant haïe dans "Rois et Reine", sur fond d'un décor sombre et inquiétant, comme le drame qui se prépare.
Une tragédie grecque sur un fond d'air endimanché des grands jours enneigés.

Ca semble trop facile.

Desplechin, je t'aime je te hais.
Percolatrice
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le 9 janv. 2011

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