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le 22 avr. 2023
SuivreJamais le dimanche
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Le film part d’un canevas qui n’a rien de particulièrement neuf. Deux policiers, liés par une profonde amitié, décident de profiter de leur position pour récupérer un joli pactole au nez et à la barbe d’une organisation criminelle. Entre eux, une femme vient évidemment compliquer les choses et fragiliser un équilibre que l’on devine précaire. Sur le papier, tous les ingrédients sont donc réunis pour faire basculer le récit dans l’engrenage classique du polar : l’argent, la trahison, l’amitié et la jalousie.
Réalisé en 1983, à une époque où le polar français a largement opéré sa mue vers le néo-polar, Un dimanche de flic apparaît pourtant curieusement classique. Michel Vianney ne cherche guère à retrouver la sécheresse ou le désenchantement qui caractérisent alors une partie du genre. Certes, ses deux policiers ne s’embarrassent pas toujours de considérations déontologiques et peuvent employer des méthodes particulièrement musclées, mais le film reste avant tout attaché à ses personnages et à leurs relations. La présence de Jean-Roger Milo, silhouette que l’on retrouvera régulièrement dans le cinéma criminel de la décennie, suffit cependant à rappeler que nous sommes bien entrés dans les années 1980.
Le principal intérêt du film repose dès lors sur son duo d’acteurs. Jean Rochefort apporte son élégance habituelle et une forme de distance à un personnage pourtant loin d’être irréprochable, tandis que Victor Lanoux lui oppose une présence plus massive et plus brutale. Leur complicité rend crédible cette amitié autour de laquelle se construit finalement tout le récit. La femme qui s’immisce entre eux permet d’en révéler les failles sans toutefois donner naissance à un véritable triangle dramatique.
La musique contribue également à singulariser l’ensemble. Profondément mélancolique, elle semble davantage accompagner un drame annoncé qu’un véritable film policier et installe très tôt une sensation de fatalité. C’est sans doute là que se trouve la véritable ambition de Michel Vianney : utiliser les mécanismes du polar pour raconter la lente désagrégation d’une amitié.
Malheureusement, le film ne parvient jamais totalement à exploiter les possibilités offertes par son point de départ. Alors que le piège devrait progressivement se refermer et faire monter la tension, le récit perd au contraire un peu de son intensité à mesure qu’il avance. Un dimanche de flic demeure ainsi un polar correctement troussé, porté par deux excellents comédiens et une tonalité mélancolique séduisante, mais qui reste finalement en deçà de ce qu’il semblait promettre.
5,5
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Créée
le 17 août 2026
Critique lue 9 fois
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