Comme dit Arte, "C'est en réalité Melville – et à travers lui les autres acteurs – qui regarde Delon, policier solitaire traversant tel un somnambule le Paris nocturne, de décors de boîtes de nuit en décors de commissariat, aussi stylisés les uns que les autres". Certaines scènes reprododuisent exactement l'Armée des ombres : la vie du réseau en terrain enemi dans paranoïa permanente de la dénonciation entre un raid à l'hôpital pour exfiltrer ou exécuter un complice et un déjeuner dans une petite cantine discrète où l'on croit être en sécurité... Sauf que ce ne sont plus des résistants mais des gangsters redoutables de professionalisme qui ont certainement inspiré Michael Mann dans Heat. Et que ce n'est plus la gestapo, mais un commissaire pervers (Alain Delon) qui mène les interrogatoires et violente la sexualité de ses proies. Finalement ce fantasme fasciste dans le Paris et la France des années 70 projeté sur le personnage de Delon, représente bien la quintécence du film noir américain dont parlait Godard à Cannes dans sa présentation de Numéro 2.