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le 28 août 2014
SuivreCritique de Un monde à part par Aglaé Brisetin
Voilà une oeuvre absolument bouleversante. Jodhi May et Barbara Hershey sont inoubliables.
Bien supérieur au surestimé "Cry Freedom", "Un Monde à Part" est sans doute la plus belle chronique à ce jour du drame de l'Apartheid en Afrique du Sud, et on comprend l'excellente réception qu'il a reçu au Festival de Cannes, même si l'on ne peut pas s'empêcher d'y reconnaître l'impact de la mauvaise conscience du blanc colonisateur, prompt à célébrer tout film décrivant les turpitudes du racisme. Premier film de Chris Menges, cameraman réputé, qui livre ici un travail subtil, mais frisant l'académisme, "Un Monde à Part" bénéficie surtout de l'interprétation saisissante d'intelligence de Barbara Hershey, une actrice jusqu'ici régulièrement sous-estimée, et qui rencontre enfin la reconnaissance qu'elle mérite. Ceci dit, il est clair que la limite du film est sa préoccupation centrée sur les malheurs d'une famille blanche progressiste, qui relègue les noirs dans des second rôles stéréotypés, et leur refuse finalement l'égalité cinématographique qui poserait "Un Monde à part" comme un vrai film militant sur l'Apartheid. C'est là une réserve de taille sur le fond du film, mais qui ne remet pas en cause sa force émotionnelle. [Critique écrite en 1989, revue en 2015]
Créée
le 3 oct. 2015
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