Uncanny, sixième réalisation d'un réalisateur américain qui n'a jusqu'ici accouché de rien de bien digne d'être mentionné, est un énième film d'anticipation sur l'intelligence artificielle et les vertiges métaphysiques que la question sous-tend, et qui a eu l'extrême malchance de sortir un an après Ex Machina, film dont il partage la forme et la structure sans parvenir toutefois à impressionner autant par sa plastique, la faute à une production et un budget minimaliste.
Rien de bien atypique ou même de vaguement original ici pour quiconque est un tant soit peu familier du genre (décidément en vogue ces derniers temps), et pour quiconque aura déjà assisté au premier Garland, un très très fort sentiment de familiarité : Uncanny suit l'histoire d'une journaliste (la sublime Lucy Griffiths) chargée d'interviewer un jeune génie excentrique vivant seul, en autarcie dans son laboratoire de développement robotique hautement sécurisé.
Celui-ci ne tardera pas à lui révéler la véritable raison de sa venue : il a mis au point l'intelligence artificielle robotisée la plus convaincante à ce jour, à des lieues de la concurrence, et il lui laisse carte blanche pendant quelques jours pour l'observer afin d'écrire un article à son sujet.
Rien de neuf, donc, dans la structure, le thème, et la problématique. Mais l'écueil narratif principal naît du fait que le récit cherche à surprendre, et est construit intégralement, de façon toute aussi artificielle que le pantin qu'il met en scène, autour de cet effet de surprise qu'il cherche à produire.
Je ne veux pas ici trop en révéler, mais disons simplement que les ficelles sont énormes et que le récit servit après révélation est aussi peu convaincant que celui servit avant du fait des artifices mis en place pour tromper le spectateur et maintenir l'illusion. Vous comprendrez assez vite si vous commettez l'erreur de vous lancer dans le visionnage de ce très quelconque film de sf au fort arrière-goût de déjà-vu.
Bref, un film mindfuck mal écrit et maladroitement conçu, qui a en plus le malheur de voir le jour un an après celui qui l'a rendu définitivement obsolète.