Toute guerre a un commencement, toute saga a une fin...

À la sortie d'Underworld en 2003, Len Wiseman n'imaginait pas un seul instant entrer dans l'arène d'Hollywood par la grande porte. Avec cette relecture du mythe du vampire et en y invitant les loups-garous, le cinéaste américain eut la bonne idée de privilégier l'atmosphère et l'univers de son oeuvre plutôt que de se concentrer comme tant d'autres sur la condition d'immortalité et sur les sempiternelles effusions de sang à outrance. Originalité du scénario, originalité de la démarche. Un choix qui le conduisit aux commandes de Die Hard 4, la Fox ayant fait confiance (à tort ?) au mari de Kate Beckinsale, rencontrée sur le tournage du premier volet de la saga.

Sitôt le succès acquis par le film, il a été très vite question d'une trilogie avec un second chapitre faisant directement suite au premier, la troisième partie devant servir de préquelle à l'épopée. C'est donc cette dernière qui nous intéresse aujourd'hui, Underworld 3 : le soulèvement des Lycans nous proposant de revenir aux origines du conflit qui naquit entre vampires et lycans, plus particulièrement entre Viktor et Lucian (respectivement Bill Nighy et Michael Sheen, absents d'Underworld 2 - evolution pour cause de décès prolongé). Deux changements majeurs cependant, dont un logique : Sélène est absente puisque non vampirisée par Viktor à ce moment de l'histoire, et Len Wiseman a laissé la réalisation à son ami Patrick Tatopoulos, qui fait ici ses premières armes à ce poste. Bien mal lui en a pris.

Avant tout superviseur des effets spéciaux, directeur artistique et chef décorateur (il a notamment officié dans Stargate et Independence Day pour le compte de Roland Emmerich, ou encore dans Dark City et I, Robot pour celui d'Alex Proyas), Patrick Tatopoulos est le concepteur des créatures d'Underworld premier du nom puis directeur artistique du second. Malgré toute son expérience, difficile alors de s'improviser réalisateur pour un homme dont la mise en scène trouve bien vite ses limites. Ses mouvements de caméra sont peu élégants. La conduite de l'action, trop souvent illisible, n'est en rien aidée par le montage épileptique qui laisse peu de temps à l'image d'exister, de s'exprimer, d'enluminer. Pire encore, les effets spéciaux sont bâclés et semblent parfois dater des prémisses de leur utilisation dans le cinéma. Quant au scénario, que dire de plus sinon qu'il narre inutilement un épisode que l'on connaissait déjà sous la forme de flashbacks dans les précédents opus de la saga. Ne nous faisant jamais quitter le château où les vampires ont élus domicile, le script ne passionne dès lors pas grandement, chaque scène apparaissant comme un écho qui ne se lasse pas de s'entendre tout le long du film.

Ce qui aurait dû être passionnant ne l'est pas tellement : l'histoire d'amour entre Sonya (Rhona Mitra), la fille de Viktor, et Lucian se révèle plus que bancale, alors qu'un souffle épique et romanesque à leur hérésie conjugale aurait été le bienvenue. On pourrait également regretter l'absence du point de vue des humains, auparavant incarné par Scott Speedman, permettant jusque là au spectateur de se situer dans cette mythologie, mais les défauts soulignés ici sont suffisamment nombreux pour vous convaincre d'aller vous faire mordre la jugulaire ailleurs. Ça vaut mieux.

En bref : Sur la base d'un épisode de la saga totalement anecdotique, Patrick Tatopoulos reprend le flambeau de la réalisation à Len Wiseman à notre plus grand regret, Underworld 3 : le soulèvement des Lycans étant presque un échec sur toute la ligne. Je connais des fans qui vont tirer la tronche. Ils auront raison.
Kelemvor

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