« Une affaire d’honneur » est un film visuellement magnifique, porté par des combats magnifiquement chorégraphiés et un casting de prestige. Roschdy Zem impose une présence profonde, Doria Tillier brille par son énergie combatif, mais leur alchimie narrative demeure trop formelle. Le film pâtit d’une ambition trop étendue ; il survole des sujets puissants sans jamais les approfondir. Enfin, certaines libertés narratives versent dans le romanesque au détriment d’une rigueur historique.
Un film élégant et plein d’intentions donc, mais qui manque de chair, d’émotion brute, et de cohérence narrative pour vraiment toucher au cœur. Aidés d'une esthétique impeccable dans les costumes, la lumière et la précision des duels sont indéniablement élégants. Vincent Perez sait filmer l’escrime comme une danse, avec une lisibilité rare dans le cinéma d’action historique, explorant la place du duel au XIXᵉ siècle en y greffant une réflexion sur l’honneur et le féminisme.
Parlant des acteurs, Roschdy Zem impose une solide présence, mais trop sobre, presque monolithique. Il incarne un maître d’armes traumatisé avec retenue, mais son jeu paraît parfois mécanique, dépourvu de réelles fissures émotionnelles.
Doria Tillier, énergique et magnétique dans ses premières apparitions tombe vite dans la caricature de la suffragette « en colère ». Sa composition manque de nuance, surtout quand le scénario force une romance artificielle.