Franchement, Une balle dans la tête, c'est une vraie claque.


Le film commence presque comme une chronique légère : trois amis d’enfance à Hong Kong, leurs petites combines, leurs amours, leurs rêves un peu naïfs, sur fond de bon vieux rock 'n' roll.

Je me suis laissé embarquer tranquillement, attaché à eux sans trop m’en rendre compte. Et puis tout bascule. Les ennuis avec la mafia les forcent à fuir, direction le Vietnam en pleine guerre, et là, John Woo n’y va pas par quatre chemins.


On a souvent comparé le film au Deer Hunter de Cimino, et clairement, John Woo n’en a rien à foutre de faire dans la discrétion : il met les pieds dans le plat, il cite presque grossièrement, il assume. Mais loin d’être gênant, je trouve que ça donne au film une puissance frontale. Là où Cimino installait une lente désillusion, Woo balance tout à la figure. C’est plus excessif, plus démonstratif certes, mais quel souffle !


C'est à la fois un film d’amitié, un film d’action et un film de guerre. Les trois dimensions cohabitent sans cesse. L’amitié d’abord, forte, sincère, presque naïve. Puis la guerre, qui vient tout salir, tout déformer. Et enfin l’action, omniprésente, nerveuse, explosive. Woo ne cherche pas la subtilité à tout prix : il veut que ça fasse mal, que ça cogne, que ça hurle.


Visuellement, c’est un excès kiffant et virtuose. Tout va vite, ça explose, ça hurle, ça saigne. La scène de la bombe au début donne déjà le ton : ça part fort, et ça ne lâchera plus. Quant au final… c’est de la dynamite pure. Une montée en tension hallucinée, une rage sèche, presque nihiliste. Woo filme les fusillades comme personne : ralentis, déflagrations, mouvements de caméra ultra fluides. C’est parfois too much, moi, j’adore ça. Ça déborde, mais c’est maîtrisé.


Et au milieu de tout ça, il y a le jeune Tony Leung Chiu-wai. Franchement, il crève l’écran. On sent déjà l’immense acteur qu’il deviendra. Son regard, surtout, raconte la perte d’innocence mieux que tous les dialogues.


Ce qui me marque le plus, au fond, c’est la manière dont Woo montre la transformation de ces trois gamins. La guerre ne les rend pas seulement plus durs : elle les brise, les déforme, révèle leur cupidité, leur peur, leur part la plus sombre. Il y a une vraie critique derrière la violence, de la guerre, bien sûr, mais aussi de l’homme lui-même. Jusqu’où on est prêt à aller pour survivre ? Pour l’argent ? Pour sauver sa peau ?

Une balle dans la tête, c’est brutal, lyrique, excessif, mais toujours sincère. Un film qui m’a pris à la gorge et qui ne m’a pas lâché. Une œuvre habitée, viscérale, inoubliable.

Créée

le 20 janv. 2016

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Docteur_Jivago

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