François Guilbaud (Richard Berry), metallo, vit chez Madame Langlois (Danielle Darieux), ancienne baronne veuve d'un colonel qui éprouve de l'attirance pour lui. Peut-être est-ce parce qu'elle a perdu son jeune fils quelques années plus tôt ? Mais François a une petite amie, la douce et gentille Violette (Fabienne Guyon) qu'il n'a pas le droit de recevoir dans sa chambre.
À la faveur d'une grève, François rencontre Edith, la fille de sa logeuse, qui, pour fuir son mari jaloux (Michel Piccoli) décide de faire le tapin. Les deux tombent amoureux, mais Violette a une nouvelle à annoncer à François ...
Après Les Parapluies de Cherbourg et Les Demoiselles de Rochefort, pour son 10è long métrage, Jacques Demy décide de renouer avec le genre de la comédie musicale qui, ceux qui ont l'habitude de me lire le savent, n'est pas ma tasse de thé. S'il n'y a pas de chansons aussi inoubliables que dans Les Demoiselles, la musique se laisse écouter, et on finit par s'habituer au chant. Après un générique sur une image fixe de Nantes faisant penser à un Kandinsky, c'est d'ailleurs un affrontement entre grévistes et CRS (SS) qui ouvre le film, nous plongeant immédiatement dans la comédie musicale. Le film s'achèvera par ce même face à face.
Entre les deux, nous avons droit à une intrigue sympathique, des dialogues amusants au service de la tragédie qui s'annonce. Les comédiens sont dans leur rôle et livrent une prestation énergique. Notons que le personnage de Piccoli est curieusement grimé en roux avec un costume vert pouvant faire penser à un Leprechaun ou à Monsieur Merde pour ceux qui connaissent l'univers de Leos Carax.
Film en dessous des chef d'œuvres de Demy qu'il semble tous avoir réalisés en début de carrière, ce qui n'est pas banal, mais qui mérite tout de même d'être vu et avec lequel on passe un plutôt bon moment.