Philippe Claudel sincère dans ses intentions se perd vite dans l'excès de ses personnages. Pour un simple souci de crédibilité il doit rester mesuré, pourtant, quand le film montre la mère et le beau-père du gamin "victimes" de tous les clichés de la famille irresponsable, le spectateur se perd...


C'est dans ses moments les plus réalistes et ceux du point de vue de Jimmy que le film interpelle et intéresse seulement. Autant par son enfance gâchée par une vie qui ne lui laisse pas d'autres choix que de grandir et par sa force et son courage que par le jeu convaincant et concerné d'Alexi Mathieu qui incarne cet enfant, le film passionne et émeut.


Le grand malheur de certaines productions d'auteur françaises (et plus), c'est cette difficulté à utiliser la liberté de ton pour faire quelque chose de plus audacieux et original. Une lourde impression de déjà-vu, d'un film à l'autre on retrouve les mêmes plans, les mêmes personnages, le même ton, les mêmes conclusions, ... le genre s'embourbe dans ses limites. En restant prisonnier de ces éternelles ficelles, cette branche du cinéma d'auteur aura bien du mal à évoluer. Il est tout à fait possible de réaliser un drame social et de faire passer des messages forts sans pour autant tendre la corde au spectateur. La légèreté, si bien utilisée, n'est pas un élément casseur de drame. Le cinéma raconte, le cinéma dénonce, mais le cinéma diverti aussi.


Pour revenir au cas exclusif d'Une enfance, le film passionne à bien des niveaux, mais la proposition de cinéma ne surprend pas. Philippe Claudel brigue cependant l'intérêt de son oeuvre en limitant trop sa narration pour pouvoir explorer d'autres environs autant techniques qu'artistiques.

MassilNanouche
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de 2015

Créée

le 28 sept. 2015

Critique lue 785 fois

Une enfance

Une enfance

6

MassilNanouche

le 28 sept. 2015

Suivre

Seul au monde - UNE ENFANCE

Philippe Claudel sincère dans ses intentions se perd vite dans l'excès de ses personnages. Pour un simple souci de crédibilité il doit rester mesuré, pourtant, quand le film montre la mère et le...

Une enfance

Une enfance

6

ValentinFabry

le 26 août 2015

Suivre

Mitigé

Ayant assisté à l'avant première nationale hier en présence de Philippe Claudel, Alexi Mathieu, Pierre Deladonchamps et Angelica Sarre, je peux affirmer que ce trio d'acteurs livre une performance...

Une enfance

Une enfance

6

Caine78

le 17 sept. 2019

Suivre

Solitude enfantine

Je l'aime bien, Philippe Claudel. Sans proposer de choses extraordinaires, celui-ci sait vraiment mener sa barque avec habileté, comme en témoigne ce récit souvent dur mais non dénué d'humanité,...

En attendant Bojangles

En attendant Bojangles

7

MassilNanouche

le 7 janv. 2022

Suivre

Pile ou Face

Le soleil. Une réception mondaine. Romain Duris (Georges) en charlatan fabuleux. Des bourgeois crédules. Une rencontre. Viriginie Efira (Camille) et l'élégance élancée d'une colombe. Puis une danse...

Ma Loute

Ma Loute

5

MassilNanouche

le 13 mai 2016

Suivre

Folie et légèreté sociale

C'est une sensation inhabituelle qui naît au générique de fin de Ma Loute quelque part entre la poésie tragique et l'incompréhension totale. Toute la séance durant, le ressenti n'a de cesse...

Gangsterdam

Gangsterdam

1

MassilNanouche

le 1 avr. 2017

Suivre

"Le viol cool"

On est d'accord, on la viole pas ? Non, non... Non on la viole ou non on la viole pas ? Non, non on la viole pas ! clin d’œil... Non, on la viole pas. ... Non, mais je parle du viol cool, le viol...