J'ai été bouleversé par ce film, le premier que j'aime vraiment de Zlotowski, une sorte de Et Dieu créa la Femme 2.0, mais beaucoup plus réussi que le film de Vadim, et où l'apprentie actrice Zahia Dehar affiche une présence et un jeu au moins aussi incandescents que ceux de Bardot à son époque. Il faut noter la délicatesse du film, et son élégance, "Une Fille Facile" étant tout sauf un film racoleur ou montrant du cul. C'est un film d'auteur, étonnamment inspiré et touchant, d'une grande beauté picturale, accompagné par de sublimes musiques, Debussy, Schubert, Vivaldi, donnant à l'ensemble un aspect des grands films d'auteurs français des 70's et ne devant pas tant que ça à la génération Idhec qui a, en bien comme en mal, imposé les normes du nouveau cinéma d'auteur français. Le film ne raconte pas grand chose, un été à Cannes entre deux cousines, dont l'une débarque chez l'autre, bimbo, jouant de son corps pour séduire les hommes et profiter de leurs richesses, mais en sachant très bien pourquoi elle le fait. J'ai été particulièrement touché par la relation entre la copine, jouée par Mina Farid, et Benoit Magimel, que j'ai trouvé particulièrement excellent ici. Il ne se passe rien entre eux, il n'essaie jamais, et chacun reste dans son coin à s'ennuyer, tenant chacun une chandelle. Et lorsque la jeune femme décide enfin de s'offrir à lui, Magimel refuse avec cette phrase pleine de tendresse : "Mais enfin... tu n'es qu'une enfant", et la serrant dans ses bras. C'est beau, c'est simple, c'est digne, à l'image de ce film qui a magnifiquement prolongé mon été.