Tout le film, je m'attendais à une critique cinglante de la bourgeoisie qui pervertit une gamine, ou l'histoire d'une ado qui se cherche et se construit. J'attends toujours. Le film avance beaucoup d'éléments, mais le manque d'alchimie entre les acteurs et l'écriture brouillonne rendent toute l'ambition de ce film irréalisable (film, réalisation, irréalisable, c'est marrant non?).
On ne sait pas où donner de la tête entre l'histoire de Sofia qui a perdu sa mère, les deux mondes exclusifs d'adolescents pauvres et de bourgeois, la cuisine, la théâtre... En tout cas, je n'ai pas eu l'impression d'un tout cohérent, je pense notamment à cette histoire de cuisine et l'amour des cousines. Deux aspects assez importants, mais où le premier a manqué de développement (on a juste une scène où l'héroïne cuisine, et on ne la voit même pas faire, ni le résultat), et le deuxième de mise en scène (quand les voit-on se connecter, s'admirer, partager?).
J'ai cru un moment que les dialogues creux sur la liberté, Marguerite Duras et les sentiments servaient un grand but, une critique ou un discours, mais ca s'est arrêté sans prendre une forme décisive.
On voit qu'il y a eu des tentatives dans la mise en scène, je ne peux le nier, c'est d'ailleurs pour ca que je ne me suis pas ennuyé, mais c'est très frustrant, ca n'aboutit jamais, on dirait que le film a manqué d'un parti prit, d'une vision forte assumée, c'est dommage.