Voilà un film qui arrive avec le poids d'une réputation, celle d'un jeu vidéo culte : Until Dawn.
Et c'est David F. Sandberg, maître d'œuvre du solide Dans le noir et des deux Shazam ! , qui s'attelle à la tâche de transposer cette mécanique horrifique au grand écran.
Alors, pari gagné ou simple redite d'un concept que le cinéma a déjà essoré ?
L'idée de départ est assez fascinante, il faut l'admettre. Un groupe de jeunes, mené par Clover (Ella Rubin), se rend dans une vallée reculée, là où sa sœur Melanie a mystérieusement disparu un an plus tôt. Bien sûr, ils y trouvent un centre abandonné, propice aux frissons, et se font massacrer par un tueur masqué. Classique, me direz-vous.
Sauf que voilà le twist : ils se réveillent et revivent la même nuit infernale, mais avec une menace qui, chaque fois, se réinvente. Un nombre limité de vies, et il faut survivre jusqu'à l'aube. Ça vous rappelle quelque chose ? Oui, les boucles temporelles à la Un jour sans fin ou, plus récemment, Happy Death Day en passant par "L'effet papillon" . L'originalité du film n'est donc pas tant dans son concept que dans son application à l'univers du jeu.
On attendait de Sandberg qu'il manie la tension avec brio, qu'il nous offre des jumpscares bien placés et qu'il injecte cette dose de choix moraux qui faisait la singularité du jeu. Et il y parvient par intermittence. Le rythme est là, les morts sont souvent inventives et,
osons le mot : joliment gore pour les amateurs.
On sent l'effort de diversifier les "boucles" et d'y insérer de nouvelles menaces, ce qui maintient un certain dynamisme. Le fait que Peter Stormare reprenne son rôle du Dr Alan J. Hill, une figure emblématique du jeu, est un clin d'œil appréciable.
Cependant, là où le bât blesse, c'est dans la cohérence et la profondeur de l'ensemble. La force du jeu résidait dans l'implication du joueur, la conséquence directe de ses choix. Ici, tout est pré-établi, et si l'on apprécie les variations, on ne ressent pas la même urgence viscérale pour les personnages. Ils ont beau mourir et renaître, on finit par se lasser de leur dilemme, et l'enjeu dramatique s'en trouve dilué. Les personnages, hélas, peinent à exister au-delà de leur fonction de chair à canon. Ils sont un peu lisses, et difficile de s'y attacher véritablement, ce qui est fâcheux quand on doit s'inquiéter pour leur "mort sans fin".
Les dialogues, par moments, manquent de piquant et de vérité, transformant les jeunes victimes en archétypes un peu usés du slasher.
Au final, Until Dawn : La Mort sans fin est un divertissement honnête pour qui cherche un film d'horreur rythmé et visuellement soigné. Il est correctement mené, mais sans cette étincelle de génie qui aurait pu le propulser au-delà de la simple adaptation. On applaudit l'effort de rester fidèle à l'esprit du jeu tout en proposant une nouvelle histoire, mais on regrette que le dispositif de la boucle temporelle, déjà bien exploré, ne parvienne pas à transcender le genre.
Bref, un bon moment, mais qui ne révolutionnera pas votre vision de l'horreur.