Le cinéma est-il fasciste ? une brillante démonstration dans cette critique.


"Le cinéma est un art fasciste !"



Un ami, metteur en scène de théâtre, hurlait parfois cette phrase aux détours de discussions embrasées et embrumées par les vapeurs d'alcool et des fumées qui ne provenaient pas toutes de bâtonnets d'encens.


Le cinéma est un art fasciste car il ne montre que ce que le réalisateur choisit de nous montrer. Le hors-champ n'est que le fruit de notre imagination. Si on nous oblige à voir que ce que l'on doit voir et non pas ce que l'on veut voir, si le cinéma fait fi de notre libre arbitre et bien, c'est qu'il est fasciste.


Je ne parle même pas du pouvoir de la lanterne magique qui fait de nous autres, spectateurs, des papillons de nuit attirés par la lumière provenant de l'écran, le plus souvent incapable de le quitter le des yeux. Et ce, même si le film est ennuyeux.


Le cinéma nous montre donc ce que le réalisateur veut nous montrer, à l'inverse du théâtre (je vous rappelle que mon ami hurleur vient du théâtre) où le spectateur choisit lui-même ce qu'il regarde. Il peut rester focaliser sur l'acteur qui parle, regarder celui qui écoute, un élément du décor ou encore embrasser la scène dans son ensemble. Le spectateur peut choisir de ne regarder que sa voisine de strapontin, si jamais la pièce l'ennuie. Et l'ennui au théâtre est fréquent.
Admettons-le, le théâtre chiant est encore plus rependu que le cinéma ennuyeux.



Le cinéma est un art fasciste !



Bien sûr qu'il a raison, mon copain.
Qui n'a jamais sursauté devant un film ?
Par exemple, la caméra fait un très gros plan sur les yeux de l'actrice qui, dans l'obscurité, semble inquiète… Quand tout à coup, un chat (dans la plupart des cas) surgit sur sa droite en un miaulement sonore.
Sursaut assuré.
Imaginez cet effet au théâtre. Il faudrait placer la comédienne près des coulisses pour que le spectateur ne voit pas le chat arriver ou alors, qu'un machiniste, depuis les coulisses, jette violemment le chat pour surprendre le public (et la comédienne car je doute que le chat apprécie, mais c'est pour l'amour de l'art). Ceci est donc difficilement réalisable.
Mais au cinéma, que celui qui n'a jamais sursauté devant ce genre d'effet me jette le premier chat.
Personnellement, je me souviens avoir sursauté pendant Gothika de Mathieu Kassovitz. Pourtant, comme tant d'autres, je me faisais tellement chier devant cette daube, que je tentais de deviner les courbes de ma voisine.
Le Cinéma est un art fasciste, c'est dit, c'est écrit, c'est même hurlé par mon vieil ami.
Et si le cinéma est un art fasciste, Usual Suspect en est la quintessence.



Ce n'est pas que le film soit mauvais !



Comme quoi, tout n'est pas mauvais dans le fascisme.


En jouant sur les genres, il est même plutôt bon. Le casting est excellent. Imagine un peu, Gabriel Byrne, Kevin Spacey, Benicio Del Toro... qui est pour moi un des plus grands acteurs de ces 20 dernières années.
On est proche du casting de rêve du milieu des années 90.


Mais ce film n'est qu'un immense mensonge, ce film est une supercherie, ce film est une foutaise.
Il n'y a même pas de "twist" comme on dit aujourd'hui, de non, c'est juste une escroquerie.


Alors, évidemment, c'est énervant d'être pris pour un con. Personnellement, j'ai détesté ce film car je déteste qu'on me tourne en bourrique.


Qui peut voir ce film une 2ème fois ? C'est la question que je me suis souvent posé. Moi, je ne peux pas. Et vous ?

Gwangelinhael
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le 15 janv. 2013

Modifiée

le 6 déc. 2013

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Gwangelinhael

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