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Royales canines
Je ne sais pas pourquoi, peut être bien était ce du à un élan frénétique de notation dans le but —j’ai honte— d’obtenir le badge “Mitraillette“, mais j’avais dans un premier temps noté ce Kawajiri...
le 7 juin 2013
Ça y est, la 14e édition du Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF) a démarré et, après la projection de Sisu : Le chemin de la vengeance qui a ouvert le festival, les festivaliers ont eu droit à la projection de Vampire Hunter D: Bloodlust en tant que séance culte. L'occasion pour les retardataire de rattraper un long métrage d'animation, encensé par une moyenne excellente sur SensCritique, le tout projeté sur l'un des plus beaux écrans de Paris. Afin de garantir l'expérience la plus optimale possible, j'ai décidé d'y aller sans rien me renseigner du film, mis à part le bref synopsis fourni par le festival, ainsi que les très beaux visuels imageant la séance.
On est très vite emporté dans l'ambiance sombre de l'univers, entre le steam puk et l'art gothique. Entre le design des différents personnages, les inspirations presque de western de certains passages, ou même les décors nocturnes rappelant presque l'expressionnisme allemand, toutes les occasions sont bonnes pour lâcher prise et nous emporter dans la noirceur de l'univers, servie par une minutie du dessin qui permet de profiter au mieux de chaque détails. Chaque trais, chaque ombrages et jeux de lumières donnent de la texture et une véritable ampleur à l'ensemble qui, jusque dans son récit, se veut comme une œuvre imposante. Il ne sera pas tant étonnant de prendre son temps pour poser des images fortes, d'avoir des phases très longues où l'on filme le paysage comme des tableaux, et d'avoir des répliques appuyées qui permettent d'ancrer chaque moments du périple comme un véritable tournant marquant dans le parcours des personnages. Il y a notamment un échange entre une chasseuse de vampire et D, autour de l'avenir et de la possibilité d'avoir ou non un enterrement si l'un venait à venir, qui est presque glaçant tant l'instant est pesant, et tant le verbe est méticuleusement travaillé pour marquer les esprits au fer rouge. Pourtant, malgré le poids et toute la noirceur englobant le récit, celui-ci ne tombe jamais dans du misérabilisme et dans une culture de l'horreur. Chaque effet est minutieusement pensé, chaque transformation et mutilation du corps ont une utilité autre que simplement dégoûter ou faire peur, et même dans sa conclusion, le film ne tombe jamais dans de la facticité. Là où l'on pourrait s'attendre à un propos pessimiste et presque misérabiliste sur l'avenir de l'humanité, le film apporte de la nuance avec beaucoup d'élégance.
Maintenant, on peut regretter que le récit se focalise beaucoup trop sur la mission de sauvetage plus que le développement de personnage. Alors que la mission se veut presque une sorte d'excuse pour confronter des personnages face à la cruauté d'un monde qui cherche trop à diviser les individus selon leurs différences, le récit adopte un ton anormalement froid et centré sur le parcours des personnages. Cela diminue la puissance émotionnelle de certaines morts, mais surtout cela ne rend pas entièrement hommage au travail des décors qui enferme les personnages et offre des possibilités folles de mise avant d'émotions qui n'auront pas l'occasion d'être sublimées. On pourra profiter d'un très beau épilogue, plein d'amertume et de noirceur, mais je regrette de ne pas avoir été beaucoup plus investi émotionnellement par un récit qui colle presque trop à celui d'un Lupin III : The First ou d'un Nicky Larson dans sa manière de passer l'aventure avant les personnages.
14/20
N’hésitez pas à partager votre avis et le défendre, qu'il soit objectif ou non. De mon côté, je le respecterai s'il est en désaccord avec le mien, mais je le respecterai encore plus si vous, de votre côté, vous respectez mon avis.
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Créée
le 26 déc. 2025
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