Documentaire onirique sur les oeuvres picturales du géorgien Niko Pirosmani, Sergueï Paradjanov dans Variations sur le thème de Pirosmani mêle son univers cinématographique où le mouvement explose dans un état extatique au sein dun cadre stable avec l'oeuvre picturale de Pirosmani. Ainsi les peintures dans leur état immobile nécessaire voyage parmi les cadres pour figurer un mouvement. Par ce biais, Paradjanov s'immisce dans l'oeuvre de Pirosmani en allant jusqu'à mettre en scène ses peintures. Et par ce biais, le cinéaste poursuit son entreprise de collage en superposant une vision mobile sur les paisibles oeuvres du peintre. Musicalité en écho et motrice de l'agencement dynamique des oeuvres (tant picturales que cinématographiques), Paradjanov, dans son habituelle coutume à faire de la musique l'âme de ses films, réussit à inculquer aux peintures la tenure d'un film.
Ne durant que vingt minutes, Variations sur le thème de Pirosmani se donne les airs d'une oeuvre mineure et même si ça n'a rien de comparable avec Sayat Nova, Les Chevaux de feu ou même La Légende de la forteresse de Souram, ce court-métrage paradjanovien n'en est pas moins débordant des cultures caucasiennes.
Ainsi ce court-métrage est bien plus qu'une rencontre, c'est une humble confusion, entre un cinéaste-colleur qui s'inspire d'un peintre primitif pour créer une nouvelle fois une matière sacré-profane.