Khule Wampe témoigne d’un communisme originel, en Allemagne au début des années 30, au moment où tout va basculer. Un de ces moments de l’histoire où les forces sont opposées et où tout devient possible. Au regard du film, on se dit que tout aurait pu aller dans l’autre sens. Mais les nazis ont gagné. Tout est déjà là, dans chaque séquence qui résonne avec ce que l’on sait de la suite de l’histoire. Des choses qui nous parlent aussi de notre temps. La crise, le désespoir, la fracture de la société… et en même temps, l’espoir collectif, la solidarité qui permet de s’en sortir, une solidarité de classe, féministe, humaniste, l’énergie d’une jeunesse en mouvement, l’engagement. La scène finale dans un transport en commun bondé où les gens commentent la lecture du journal est un monument d’analyse politique et sociale qui vaut encore aujourd’hui. « Qui changera le monde ? » ricane un homme cynique défiant la jeunesse arrogante. « Ceux à qui ça ne plait pas ! » réplique une jeune ouvrière.
Avant tout, ce film est beau, de cette beauté étrange des années 30 et la chanson qui vous prend aux tripes : « En avant ! Et n’oubliez pas ce qui fait notre force. Ventre plein ou ventre affamé. En avant ! Et n’oubliez pas : la solidarité ! »