"Un jeune couple parcourt la campagne. Il croise des paysans, conteurs, chanteurs, bergers, fileuses, habitants des villages. Les paroles déclenchent plusieurs récits, dont l'histoire de Branca Flor, basée sur un conte traditionnel." Tel est le résumé officiel du premier long-métrage lui aussi officiel de cet immense cinéaste qu'est João César Monteiro - il y a bien eu Fragments d'un film-aumône quelques années auparavant, mais je n'ai aucune garantie d'une possible sortie salle. Ce Veredas, qui se traduit en Français par "Chemins", porte bien son titre, puisque le film en emprunte des tas, de chemins, suivant une piste, l'abandonnant pour une autre, et ainsi de suite, sans pour autant que le spectateur se sente perdu. Il y a une liberté folle dans ce cinéma-là, mais déjà accompagné d'une grande maitrise formelle, d'une gestion du récit beaucoup plus précise qu'il n'y parait au premier abord, et surtout d'une beauté plastique sidérante, augmentée ici par la restauration de l'image pour l'édition bluray qui est vraiment splendide. Ce cinéma-conte, accompagnée de plusieurs voix-off poétiques, détachées du récit, mais lui donnant sa profondeur, peut évoquer une partie de l'oeuvre de Pasolini ou de celle de Paradjanov, mais sans jamais s'y assujetir.