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À poing c'est vous
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le 18 déc. 2020
Dans le cadre de mes études, Vipère au Poing de Hervé Bazin est une des œuvres références de la bibliographie pour mon mémoire concernant les violences conjugales et intrafamiliales. Un des rares romans qui évoque les violences psychologiques du fait d'une femme, en l'occurrence une mère.
En 2004, le roman autobiographique de Hervé Bazin est adapté au cinéma par Philippe de Broca. Le réalisateur fût un des plus populaire des années 60 à 80 avec des œuvres tels que L’homme de Rio, Les Tribulations d’un chinois en Chine, L’Incorrigible et Le Magnifique avec Jean-Paul Belmondo, ainsi que Tendre Poulet, On a volé la cuisse de Jupiter ou L’Africain avec Philippe Noiret et Annie Girardot puis Catherine Deneuve, qui ont fait les grandes heures du Cinéma du dimanche soir sur TF1. Vipère au Poing est sa dernière réalisation.
Le portrait de cette famille dysfonctionnelle sous l’emprise de la mère est à peine esquissé. L’adaptation élude les mécanismes des violences psychologiques, faisant preuve d'une légèreté inadéquate, malgré la monstruosité de la mère, dite Folcoche, incarnée par Catherine Frot et la lâcheté du père démissionnaire, interprété par Jacques Villeret.
Le récit enchaîne les faits, sans les développer, ni en extraire la substance. La voix off de Denis Podalydès tente de combler ses lacunes narratives, sans parvenir à convaincre, plombée par la platitude des dialogues et de l’interprétation, qui en font une œuvre académique, bien loin de la dramaturgie du roman éponyme.
Les Rézeau sont issus de la grande bourgeoisie. Folcoche en adopte le comportement, en se montrant hautaine et condescendante. Dans l’incapacité de tenir tête à la marâtre, le père se réfugie dans l’entomologie. Il fuit ses responsabilités de père, où d’incarner l’homme de la maison, malgré la situation financière du foyer, qui a des conséquences sur leur quotidien. Un aspect qui est quasiment occulté avec une simple référence de la part de celui-ci qui, au détour d’une brève conversation, se dit ne pas être prêt de travailler, car sa famille n’a jamais eu besoin de le faire.
Jean (Jules Sitruk) est le seul à se révolter contre son acariâtre mère. A son corps défendant, il en est le reflet. Du moins, il en adopte le comportement, animé par sa haine à son encontre pour mener à bien une vengeance, trouvant sa source au sein de toutes les violences subis par lui et ses frères, qui sont aussi d’ordre physique, comme en atteste l’utilisation de la fourchette malgré le désaccord du père.
Vipère au Poing repose essentiellement sur l'interprétation de Catherine Frot, même si elle fait preuve d’un certain excès au fil du récit avec une propension à plisser ses yeux de manière exagérée. Folcoche, contraction de folle et cochonne dans le sens animalier du terme, a déjà été interprété de manière plus convaincante par Alice Sapritch dans un téléfilm de Pierre Cardinal en 1971.
Le roman autobiographique de Hervé Bazin est à privilégier, contrairement à sa version cinématographique. Il faut bien avouer qu’il trouve un écho en ma personne, tant ma défunte mère était aussi, à sa manière, une Folcoche. On peut comprendre leurs comportements, trouvant leurs origines dans le roman familial, sans les excuser. Reposes en paix.
Créée
le 29 avr. 2025
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