Sorti en 1983 et réalisé par François Truffaut, Vivement dimanche est un film en noir & blanc qui rend hommage aux films d'Alfred Hitchcock et aux polars américains des années 40/50. C'est le vingt-et-unième et dernier film de François Truffaut, puisqu'il décèdera un an plus tard d'une tumeur cérébrale foudroyante. Comme tout dernier film d'un grand réalisateur, Vivement dimanche se regarde avec un fort sentiment de nostalgie. C'est un film de commande, une pose entre deux projets qui habituellement lui tiennent plus à cœur, mais qui malheureusement se transforma en dernier film avant sa mort. Il s'agit donc d'un suspense hitchcockien avec un ton humoristique assez prononcé. Le film est d'autant plus léger qu'il succède à deux films beaucoup plus sérieux et sombres dans la carrière de François Truffaut, Le Dernier Métro (1980) et La Femme d'à côté (1981).
Nous suivons Julien Vercel (Jean-Louis Trintignant), un agent immobilier qui se retrouve impliqué dans le meurtre d'un homme lors d'une partie de chasse au canard. Cet homme se révèle être l'amant de sa femme et de ce fait, il devient le coupable idéale. Ayant commis plusieurs gaffes qui le mettent en cause, il décide de se cacher dans son agence et c'est sa fidèle secrétaire (Fanny Ardant) qui va enquêter pour le tirer d'affaire. Et durant cette enquête, nous croiserons des acteurs bien connus, des habitués des seconds rôles (Jean-Pierre Kalfon, Philippe Laudenbach, Philippe Morier-Genoud et Jean-Louis Richard) qui seront tour à tour suspect ou allié ou complice ou prochaine victime. Et à partir de là, François Truffaut s'amuse avec les codes du genre.
Une romance va s'installer peu à peu entre Fanny Ardant et Jean-Louis Trintignant. Difficile de ne pas voir un double François Truffaut en Jean-Louis Trintignant, les deux hommes ayant le même âge (à deux ans prés) et un physique très similaire. Et qui plus est, François Truffaut est en couple avec Fanny Ardent depuis leur rencontre sur La Femme d'à côté et l’amour de Truffaut pour Fanny Ardant transparaît à chaque scène du film. C'est donc un film sur une femme, avec une femme d'action qui prend les choses en main, Jean-Louis Trintignant restant très passif, bien planqué durant (presque) tout le film dans l'arrière boutique de son agence. Le rythme du film est très enlevé, ça va à mille à l'heure. Ainsi, on pas le temps de s'attarder sur les nombreuses incohérences et facilitées du scénario.
Et petit détails amusant du film, Jean-Louis Trintignant passe son temps à regarder les jambes des passants, et surtout des passantes, depuis la fenêtre en hauteur qui donne sur le trottoir derrière l'agence. C'est François Truffaut qui s'autocite (ou s'autoparodie), étant lui-même un fétichiste des jambes. Et ça confirme aussi que Jean-Louis Trintignant est son double dans le film. C'est ce genre de petit détails qui apporte beaucoup de légèreté au film, alors que pourtant les meurtres s'accumulent tout au long du film. C'est cette alliance entre le sérieux de l'enquête et la tonalité légère du film qui donne tout son intérêt à Vivement dimanche. Et tant pis si le scénario ne tient pas la route, si on y réfléchit plus de cinq minutes, car l'intérêt est ailleurs. Le film vaut surtout pour Fanny Ardant qui illumine le film de sa beauté et de son énergie.