Ce titre appartient à cette catégorie de slashers des années 1980 qui cherchent à dépasser le simple cahier des charges du genre. À première vue, tous les éléments sont pourtant réunis : campus universitaire, jeunes étudiants peu farouches, nudité abondante, dialogues crus et meurtres plus ou moins inventifs. Mais derrière cette façade très classique, le film tente de développer une intrigue psychologique bien plus complexe qu’à l’accoutumée. Le récit s’articule autour de cauchemars récurrents, de traumatismes enfouis et d’un jeu d’identités trouble qui rapproche parfois davantage le film du giallo psychologique que du slasher américain traditionnel. Cette volonté d’aller au-delà de la simple succession de mises à mort constitue incontestablement la grande qualité du film. Le spectateur est régulièrement désorienté et le scénario ménage plusieurs pistes avant son ultime révélation.
Malheureusement, cette ambition se heurte aussi aux limites de la mise en scène. L’ensemble manque souvent de tension et peine à installer une véritable montée dramatique. Certaines séquences paraissent maladroites dans leur exécution et le rythme connaît plusieurs baisses sensibles. Les meurtres eux-mêmes, bien que parfois réussis, n’atteignent jamais réellement l’efficacité ou la brutalité des grands classiques du genre. Mais c’est justement dans ses imperfections que Vœux sanglants trouve une partie de son charme. Le film dégage une atmosphère typiquement eighties, excessive et parfois presque poisseuse, où rien ne semble vraiment retenu : sexualité omniprésente, personnages rarement sympathiques, humour douteux et ambiance de campus décadent. Ce mélange donne au long métrage une personnalité certaine, loin de nombreux slashers plus mécaniques ou interchangeables de la même époque.
Le final dans le grand magasin désert apporte d’ailleurs une touche assez originale et presque irréelle qui contribue à distinguer le film. Quant à la présence de Vera Miles, ancienne figure du cinéma d’Alfred Hitchcock, elle reste aussi surprenante qu’amusante dans un tel contexte. Enfin, Daphne Zuniga, ici dans son premier rôle important, apporte un charme et une fragilité qui rendent son personnage immédiatement attachant. Imparfait, parfois maladroit mais sincèrement ambitieux, Vœux sanglants demeure un slasher atypique qui mérite sans doute davantage qu’un simple statut de série B oubliée.