Volver s’ouvre sur une scène qui va dicter le ton du film : des dizaines de femmes, dans un cimetière de la campagne aride espagnole, nettoient les tombes familiales dans une ambiance qu'on peut considérer comme joviale. Ainsi, ce film d'Almodovar est encore une fois consacré aux figures féminines dans une Espagne que l'on considére souvent davantage machiste que d'autres pays européen dans ces années 2000.


Le scénario déploie une anatomie des sentiments humains à travers notamment le deuil, le pardon, la solidarité mais aussi les violences sexuelles intra-familiales. Chaque situation vécue par les protagonistes trouve un écho immédiat dans leur entourage, dessinant un motif sur la répétition des souffrances et des châtiments familiaux (Raimunda et sa fille, la voisine et sa mère, les pères, etc. ).


L’entraide entre les femmes du film incarne une ôde à la vie des femmes, dans leur banalité et leur resilience, qu'on pourrait considérer comme une certaine idée du girl power aujourd'hui. Mais ici, en 2006, il passe par les situations vécues du quotidien, dans un cinéma très réaliste et ne paraît jamais trop démonstratif, ce qui ajoute subtilité au propos d'Almodovar. Face à ce réseau de solidarité, les quelques figures masculines du récit sont exclusivement mues par leurs pulsions : des pères abusifs au chef d'équipe de cinéma tentant continuellement de séduire Raimunda.


Si la caméra d'Almodóvar s’attarde parfois très explicitement sur la plastique de Penélope Cruz (je ne vais pas le blâmer), l'actrice dépasse largement le statut de simple sex-symbol. Magnétique, elle déploie une variété de jeu et une palette d’émotions impressionnantes, prouvant qu'un réalisateur qui ne l'utiliserait que pour son physique raterait l'essentiel de son talent.

Visuellement, le film frôle le téléfilm de luxe mais s'en distingue par une maîtrise absolue du cadre et une gestion éclatante des couleurs. On pourra regretter une chronologie des intrigues parfois imparfaite, dont le découpage aurait pu renforcer la tension dramatique. Il n'en reste pas moins que ce « retour » propose un entrelacement habile de destins singuliers unis par des liens fraternels et filiaux indéfectibles.


En somme, la véritable force de Volver réside dans sa capacité à faire traverser au spectateur tout un éventail d'émotions. Ce mélange de tendresse, de mélancolie, d'humour et de résilience face à la mort rend cette œuvre profondément humaine.


OG_LOC
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il y a 5 jours

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