Franchement je n'attendais pas grand chose d'un film avec Darry Cowl en tête d'affiche. J'avais même plutôt peur du navet lourdingue. Par conséquent je me suis mis en condition mentale pour encaisser les pitreries du clown Cowl. Ca a moyennement marché, j'ai bien rigolé, mais parfois Darry réussi quand même à être lourdingue. L'entrainement ne fait pas tout, je suppose qu'il y a un seuil de tolérance qu'on ne peut pas franchir.
Ce n'est pas entièrement de la faute de l'acteur aux lunettes improbables. C'est même surtout celle d'une histoire de Vaudeville (adaptée d'une pièce paru en 1906) avec tous les gags burlesques qui vont avec. Je me souviens qu'au lycée ma prof avait essayé de me montrer la beauté du quiproquo grâce au Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux. J'ai beaucoup évolué depuis le lycée (dieu merci), mais je n'ai pas changé d'avis en ce qui concerne le potentiel comique du quiproquo, qui est pour moi le pire registre de la comédie.
Non, le Vaudeville et moi ce n'est pas une grande histoire d'amour. Pourtant je le connais assez pour deviner ce qui va se passer dans la scène suivante. Quand Pierre Mondy enfile un costume de gendarme tu sais que ça va mal finir, fais pas le mec surpris. C'est dans les moments les moins attendus (parce qu'il y en a) que j'ai le plus rigolé.
Parlons-en de Pierre Mondy justement. Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi il est considéré comme une légende du cinéma français, mais je dois dire que je l'ai trouvé excellent ici. Il y a aussi Michel Serrault dont décidément j'adore toutes les performances (drôle et moins drôle). Mais aussi Jacqueline Maillan, Jean Poiret, Jean Richard… Un casting exceptionnel qui réuni la crème du cinéma comique de l'époque, et où chacun fait ce qu'on lui demande.
Bref, du bon et du beaucoup moins bon dans ce film qui s'apparentait surement à une grosse production pour l'époque. C'était peut être divertissant en 1959, mais ce genre d'humour a mal vieilli. S'il doit rester une raison de le voir c'est pour son casting de star, mais encore faut-il s'intéresser à cette période du cinéma français.