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Toucher les arbres
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En voyant Juliette Binoche sur l'affiche qui se baladait sur le site Arte, je me suis dit que cela devait être signe de qualité Alors go s'embarquer pour un Voyage A Yoshino. Très jolie forêt; des arbres sublimes, une rivière reposante, des petits oiseaux par paquets… beau documentaire ! Intéressant ? Je suis plus dubitative sur ce point.
Jeanne débarque au fin fond de la forêt japonaise à la recherche d'un champignon hallucinogène. Par la même occasion, elle parvient à pécho le seul homme qu'elle croise. Avant de se rappeler que 20 ans auparavant, elle avait eu un enfant avec lui. En vilains parents, ils l'abandonnent toutefois dans la forêt avant qu'il ne soit recueilli par une vieille voyante aveugle. Voici ma compréhension du schmiblick, car, ne croyez pas que c'est si simple de recomposer le puzzle.
Il y a des narrations opaques, sciemment brouillées, qui se dévoilent par filigranes pour nous stimuler. Et il y a les foutoirs qui ne donnent aucunement envie de s'y attarder; ça te donne juste la migraine. Voyage A Yoshino fait le choix risqué de dévoiler son intrigue principale par flashbacks. Rien que l'évocation de ce terme me fait frémir, sachant qu'ils sont souvent mal incrustés. Dans le mille. Si le premier est tout à fait correct, les autres poppent au milieu de nulle part et ne font que nous égarer un peu plus, au lieu de nous éclairer. Ils se montrent trop évasifs et brefs pour constituer de réelles pièces de puzzle.
On comprend alors pas trop ce que fait réellement Jeanne dans cette forêt japonaise. Les personnages se montrent tous aussi mystérieux et hermétiques. La mamie peut être assimilée à grand mère feuillage. Le garde forêt un puceau frustré qui se reclus parmi les arbres pour fuir son manque de succès avec les femmes. Et le reste ? Bah. Poussières.
La faute à un film qui se concentre beaucoup trop sur l'esthétique et le symbolique au détriment du développement. Je ne compte pas les plans carte postale sur la forêt, sans un mot; juste la contemplation. C'est magnifique, reposant, inspirant, mais on n'est pas dans un documentaire ici. On n'en apprend même pas sur le folklore japonais. Idem pour les relations entre les personnages; si les dialogues se veulent tous très inspirants et invitent à la réflexion, on perd toute authenticité des relations spontanées. Une barrière invisible qui bloque l'attachement aux personnages.
Voyage à Yoshino, c'est un exploration enchanteresse d'une forêt aussi sublime qu'onirique. Problème, on nous vend une intrigue au début. Et, on ne se retrouve absolument pas entre ce qui est annoncé et ce qui est montré pendant 1h40. On s'embourbe beaucoup trop dans le contemplatif, l'ennui s'installe trop vite et l'intrigue se déroule confusément.
Créée
le 23 mars 2021
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