Le film démarre sur une scène dans laquelle j'aurais dû ressentir énormément de tension : une simulation de lancement nucléaire. Mais cette scène ne fonctionne pas car les personnages viennent juste de prendre leur service puis font face a un léger dysfonctionnement du matériel ce qui relâche totalement tout début de tension mais à ce moment là la procédure de tir commence presque aussitôt.
Résultat : il m'a été difficile de prendre cette séquence au sérieux sur le moment. Petit a petit j'ai finalement commencé a y croire… mais trop tard. Dommage car sans ce dysfonctionnement ça aurait mieux marché. Et bon le flingue paraît incongru dans ce lieu.
Autre élément problématique : la logique qui mène l'ado jusqu’au WOPR. Le lien entre la publicité pour l’ordinateur Protovision et l’accès à un supercalculateur militaire est extrêmement flou. Chercher un ordinateur vu dans une pub et tomber presque par hasard sur le système de défense nucléaire américain me paraît trop obscur, pas crédible... même pour un film des années 80 c’est une facilité scénaristique qui m'a fait tiquer.
Le personnage du militaire (le général) est aussi inégalement écrit. Il est présenté au départ comme méfiant vis-à-vis des ordinateurs mais il finit pourtant par faire davantage confiance aux écrans qu’aux humains présent sur le terrain (notamment lors de la scène des avions). Et surtout, il ne remet plus vraiment en question les données affichées sur les écrans même quand la situation devient absurde. Son évolution est trop caricaturale, on est face a un militaire foufou trop content de dégommer l'ennemi russe, heureusement la dernier phrase qui lui est dite "ne devenez pas une machine" est interressante.
Mais malgré tout ça, WarGames fonctionne. L'ambiance année 80 est vraiment là et fait plaisir.
La résolution finale avec le morpion est très bien vu : la machine comprend que certains jeux ne peuvent être gagnés. C’est toujours efficace aujourd’hui.
Les adolescents sont attachants, ce ne sont pas des héros.
Bref WarGames reste un film attachant avec une bonne ambiance Annee 80 qui propose une critique toujours actuelle :
-de la confiance aveugle dans la technologie,
-des systèmes automatisés,
- de la responsabilité humaine face à des machines qui exécutent, sans morale ni recul.
Je comprend qu'il a marqué durablement le cinéma et l’imaginaire collectif.