Je devais voir Memento ce soir. Pour la première fois. Je ne voulais pas un film qui s'éternise plus de deux heures. Mais le destin a fait que je me suis retrouvé plonger dans une histoire de trois heures, allez savoir pourquoi...

Warriors, c'est un titre trompeur à première vue, mais dont le sens se révèle une fois qu'on saisit à quoi cela fait allusion. C'est un titre qui dit tout et rien à la fois. «L'impossible» mission, parce que oui, ce qu'on demande de faire aux casques bleus est arrachant, et ce qu'on leur demande de ne pas faire est presque inhumain.

Warriors, c'est aussi un film qui a des cojones énormes. Pas un seul coup de feu n'est tiré de la part de nos soldats anglais. Une paix qu'ils aimeraient dévêtir un temps, et revêtir un autre temps. Un symbole de neutralité qui les contraint plus qui ne les aide quand des massacres ou des pillages se déroulent sous leurs yeux.

Il n'y a pas de grande bataille, de grands rebondissements, de discours patriotique, et encore moins des scènes spectaculaires permettant aux personnages de s'illustrer en héros sauveurs de la veuve et de l'orphelin. Peter Kosminsky met au clair un constat foncièrement simple mais perturbant en montrant que la guerre, la vraie, n'est pas régie par de la logique précalculée, mais par l'instinct des hommes. De la rage, de la colère, de la honte, de l'émoi, et surtout de l'impuissance.

Que dire de plus ? Au fur et à mesure que j'écris ce billet, je tente de mettre des mots sur ce que j'ai vu. Ce n'est pas dénué de longueurs, mais c'était particulier pour les multiples raisons déjà émises, ça m'a remis à ma place. Et le plus frappant au-delà de tout ça, c'est ce réalisme saisissant pour une production télévisuelle. J'en ai perdu parfois la raison, je n'étais plus en mesure de démêler le réel du fictif.

Autrement dit, les acteurs sont d'une justesse irréprochable, certains caractères qu'on pourrait qualifier d'"inerte" prennent de l'épaisseur dans les séquences de la dernière partie. Il est indéniable que Warriors a été construit autour de la morale des personnages et de l'impact de ce qu'ils ont vécu. Il y a en chacun d'eux la magnificence d'un être immaculé terni par les atrocités psychologiques et physiques de ce conflit cruel, sordide et absurde... témoignant ainsi de ce qu'il en advient d'appartenir à un camp ; une nécessité ou une... fatalité.

Comme quoi, il n'est pas impossible de faire des étincelles sur le petit écran.

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le 17 janv. 2014

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Eren

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