Moi aussi quand j'étais petit je rêvait d'aller dans l'espace. Comme je foutais rien à l'école c'est vite devenu impossible, mais aujourd'hui ca ne me fait pas rêver du tout. Tout ce qui compte se trouve déjà sur Terre, et pour aller là haut, il faudrait sacrifier ce qu'il y a en bas. Pas de fusée sans électronique, pas d'électronique sans société thermo industrielle, pas de société thermo industrielle sans Sodome. Serait-il possible de faire autrement? Est-ce que d'avoir vu ce qu'il se passe me rend plus responsable?
Le film est une immense réussite, car il me laisse me poser ces questions, et je me les pose parce que je suis impliqué par le film. Les gens à Sodome vivent dans des conditions indignes, et pourtant, ils s'organisent, travaillent, jouent, dansent. Ils se raccrochent à leurs rêves, leurs certitudes. Comment se révolter face à un oppresseur si lointain, si intangible et pourtant si bien structuré? L'habitant parfait de la ville du bas n'y reste pas parce qu'il à peur que quelqu'un garde les marches, mais parce que celles-ci sont trop nombreuses, trop dangereuses, il y perdrait à tenter l'ascension, aussi misérable soit sa situation.