Vrai/faux prequel de l'excellent My Sassy Girl, Windstruck du cinéaste sud-coréen Kwak Jae-yong met à nouveau en scène l'actrice Jun Ji-hyeon dans une comédie mélodramatique nous transbahutant d'un point à l'autre comme un grand fourre-tout de genre.
Kyung-jin est une officier de police casse-cou. Myung-woo est un professeur tranquille dans un lycée pour fille. Dans un concours de circonstances, les deux vont se rencontrer, une romance quelque peu mouvementée va voir le jour...
Avoir vu My Sassy Girl aide grandement à s'imprégner de l'univers de Windstruck, d'où une question sommes toute simple, quel aurait notre regard sans connaître le premier film ? Pas sûr que Windstruck marche à cent pour cent, tant My Sassy Girl est important dans la mise en situation mais aussi comme une espèce de cahiers des charges. Ici, le cinéaste reprend les ingrédients du premier qu'il distille dans le second en saupoudrant de scènes d'actions. Parfois le cinéma c'est comme de la cuisine, le tout c'est de savoir si elle est bonne ou non.
Windstruck part tellement dans tous les sens qu'on pourrait lui reprocher ce côté "je m'éparpille". Comédie, romance et action se mélange dans un fracas filmique qui pourrait en indisposer plus d'un. L'effet escompté, c'est un film inégal, parfois bancal dont la réalisation n'aide en rien. La mise en scène de Kwak Jae-yong est justement l'un des points faibles du film, ah, ces mouvements de caméra qui finissent par énerver. Sa réalisation n'apporte rien si ce n'est de l'irritation et c'est bien dommage. Un peu plus de réserve aurait apporté un plus.
Windstruck est donc un film qui parle de l'amour et de la mort. Comment naît le premier et comment surmonter le deuxième ? Avec la souffrance comme constat mais la culpabilité aussi. L'héroïne passe par plusieurs phases de situations et de sentiments. C'est la grande force du film. Un parcours initiatique entre la vie et la mort, la mort puis la vie qui continue avec un aspect certes brouillon mais qui parvient à toucher tout de même. Pour être franc, je trouve que Windstruck est moins réussie que My Sassy Girl, même avec toute son extravagance, à la fois sa qualité et son défaut. Dur de ne pas rapprocher ces deux films qui ne forment qu'un comme le personnage de Kyung-jin qui a perdue sa jumelle dans un accident. My Sassy Girl et Windstruck ce sont deux films frères jumeaux.
Windstruck divisera pour tout un tas de raison : les parti pris du cinéaste, l'histoire en elle-même, etc... pourtant le film recèle tout de même une qualité indéniable tant qu'on se laisse porter par lui un minimum.
Les invendus de Made in Asie #126