Certains plans sont beaux — le cerf-volant, les échasses — ils touchent à quelque chose d'une enfance perdue ou fantasmée. Mais c'est justement là où le film me déçoit : il se contente de cette beauté sans jamais se frotter à ce qu'elle contient de disparition. Or c'est précisément ce frottement qui fait la force de son travail ailleurs. Dans Podwórka — les jeux d'enfants portent en eux l'espace qu'ils habitent, il y a une tension entre le jeu et ce qu'on devine autour, le hors-champ est chargé, il appuie. Même dans Pine Flat, que j'aime un peu moins — je crois qu'elle a tendance à idéaliser le rapport humain à la nature dès qu'elle s'attaque à la campagne — il y a quand même des contrastes qui opèrent, une solitude qui se devine. Là, je ne sens pas cette résistance. Les plans existent, ils sont beaux. Mais bon, un jour plus tard déjà, il n'en reste pas grand chose.