Anatolie de l'enfermement
Un complexe cinéma annonçait "Winter Sleep" comme un « drame exigeant ». Deux termes absolument pas vendeurs qui ne correspondent aucunement au film. La palme d'or 2014 est une histoire de vie poignante sur fond d'Anatolie magnifique.
Cette péninsule turque offre des paysages d'une beauté stupéfiante. Le sublime hôtel est une terre d'accueil parfaite pour placer ce récit, surtout durant un hiver croissant. Conjointement au fond de l'air, les échanges deviennent glaciaux. Clientèle rare, ennuie fréquent, les hôtes libèrent leur amertume. Le décor se fige pour laisser les langues briser la glace. Après que la vitre de sa voiture le soit réellement, Aydin n'arrive plus à éviter les conflits et les non-dits. Ses locataires mauvais payeurs, sa sœur flâneuse et sa compagne froide comme le marbre font de sa retraite un long fleuve (trop) tranquille. L'ancien comédien se laisse de moins en moins porter par ce courant.
Il essaye (maladroitement) de faire à nouveau preuve d'attention envers sa compagne Nihal. Femme pleine de bonté et de beauté fatiguée d'être enfermée elle aussi dans cette routine et d'avoir sacrifié sa jeunesse. Une situation très confortables d'apparence, une demeure qui fait rêver dans une région unique avec des facilité financières. Ce luxe n'empêche pas le mal de vivre. Aydin se sent seul et exclu. Nihal combat le sentiment d’inutilité en s'engagent dans de bonnes œuvres. Le couple est dans une évidente impasse, alors chacun bifurque.
Le mari prend la fuite, son épouse devient follement généreuse. Cette résultante de leur perdition se traduit par une nuit de déviances qui va les emmener loin des dessins imaginés. Après cette nuit nuit glaçante plus rien ne sera pareille. On ne sera jamais ce qu'elle va construire ou détruire, comme pour laisser à chacun son cynisme ou son optimisme faire sa propre conclusion. "Winter Sleep" est passionnant dans sa façon de livrer des vies atypiques pleines d'émotions universelles.