Il est finalement très difficile d'écrire pour un film que l'on a aimé, sur lequel on est restés scotchés sans pouvoir en décrocher, sans se lasser. Une vie qui s'écoule lentement, à l'image de flocons de neige qui recouvrent le sol, winter is sleeping. Des personnages qui se terrent, blottis et qui pourtant se raccrochent à ce qui, à leurs yeux, a de l'importance, ce qui donne un sens à leur existence.
Ce sont des portraits d'hommes et de femmes, qui nous offrent finalement un portrait de l'humain, de l'Homme avec un grand H. Ce film nous laisse entrevoir qu'une première impression n'est pas toujours celle qui définit l'individu. C'est cela que j'ai aimé, cette découverte de chacun des personnages. Ce plongeon dans leur intériorité qui nous donne l'impression que l'on fait partie de l'histoire, de leur histoire. Des personnages en quête, en quête d'un objectif à donner à leur modeste existence. "On fait des projets et pendant ce temps la vie passe". Ce refus de se laisser porter par la vie même, n'est ce pas notre lot à tous ? Devoir donner un sens à sa vie pour pouvoir s'affirmer, s'assigner un rôle dans une société, aussi humble soit-il. C'est cela aussi, chacun cherche la place qu'il doit tenir dans ce théâtre qu'est sa réalité, entre la femme ennuyée avide de bonnes œuvres et de reconnaissance et l'enfant blessé n'aspirant qu'à redorer l'image paternelle, entre le vieillard bloqué dans ses attributions, qui ne comprend plus le monde et l'homme malheureux et déshonoré, rejeté par ce même monde.
Une émotion intense, que l'on touche du bout des doigts à chaque scène, à chaque regard, à chaque geste.
Laissez vous porter, n'ayez aucun préjugé, aucun jugement, regardez vous finalement.