Wives permet à Anja Breien de filmer trois femmes qui s’autorisent enfin à respirer, laissant derrière elles maris, enfants et contraintes, sans vraiment réfléchir.
Fuite vivante
Ce sentiment de liberté, un peu désordonné, passe beaucoup par la mise en scène, on a l’impression d’être avec elles, sans filtre, dans quelque chose de presque improvisé. Tour à tour, le film est mélancolique, simple, tendre, dur, il y a des moments légers, presque absurdes, puis d’un coup quelque chose de plus dur qui arrive, comme si la réalité n'était jamais loin.
Tout n’est pas parfait, sans être vraiment dérangeant, certaines péripéties m’ont semblé un peu forcées, comme si le film voulait parfois trop en dire.
Wives est bâti sur son trio feminin. Leur relation sonne juste, on croit à leur amitié, au vent de liberté qui les anime, la façon dont elles y prennent goût, même quand les contraintes du quotidien ne sont pas moins, et les comédiennes n'y sont pas pour rien. Leurs rencontres hasardeuses avec d'autres personnes fonctionnent très bien, tout comme les retrouvailles avec des éléments du quotidien (métier, mari, mère).
Derrière tout ça, il y a une vision et critique de la société, des rôles imposés, des choix de vies qu'on ne maîtrise pas et qu'on accepte plus ou moins. Ce n'est jamais lourd et, par exemple, Anja Breien évoque les fuites possibles dans cette société, comme l’alcool à la fois un refuge et une limite.
La liberté se retrouve aussi dans les mouvements de caméra, des plans ou travelings assez simples mais qui donnent l’impression que tout glisse, autant quand ce vent de liberté arrive que lorsqu'il est devient fragile.
Wives laisse finalement une sensation un peu étrange, pas complètement joyeuse, mais pas triste non plus, une plongée dans une société qui met trop de barreaux autour de nous et dont les escapades sont un vent de fraîcheur, risqué et rafraîchissant.