Certes ce film sonne faux à chaque instant : se passant au Japon, il a été réalisé en France ; donnant à voir une histoire d’amour et d’espionnage entre Russes et Japonais, il est tourné par des acteurs français parlant avec l’accent de Belleville, ce qui donne parfois un involontaire effet comique : Gabriello en kimono et chaussettes blanches tenant le rôle d’un propriétaire de maison de geishas est impayable ! De plus, l’une des seules actrices japonaises du film, Michiko Tanaka, ne parlant pas un mot de français, a dû interpréter son rôle en apprenant son texte phonétiquement… Il n’empêche que c’est signé Max Ophüls (qu’est-il venu donc faire dans cette galère ?), estampille garantie quoi qu’il arrive d’images splendides et de lyrisme fou. Dans une histoire d’amour impossible à la Madame Butterfly, il y a une scène où Pierre Richard Wilm fait entrevoir à la jeune geisha tous les rêves d’une vie future qu’ils n’auront jamais… Cette scène, fondée sur l’imaginaire, est digne des plus grands moments de ce cinéaste amoureux des femmes et de l’amour, digne de Madame de…, de La signora di tutti ou de son chef-d’œuvre entre tous, La Lettre d’une inconnue. À elle seule, elle illumine ce film médiocre d’une touche magique et en fait une œuvre valant d’être vue.
Maqroll
6
Écrit par

Créée

le 14 juil. 2013

Critique lue 704 fois

Maqroll

Écrit par

Critique lue 704 fois

5

D'autres avis sur Yoshiwara

Yoshiwara

Yoshiwara

10

Fêtons_le_cinéma

le 3 janv. 2023

Suivre

Roman de gare, chef-d’œuvre de cinéma

Qu’il faut être aveugle pour ne pas célébrer la beauté d’une mise en scène en constant mouvement, pourvue de cette fluidité qui fait la patte de son cinéaste ! qu’il faut être sans cœur pour résister...

Du même critique

Little Odessa

Little Odessa

9

Maqroll

le 1 oct. 2010

Suivre

Critique de Little Odessa par Maqroll

Premier film de James Gray, l'un des génies incontestables du cinéma actuel, où déjà l'essentiel est en place. Un scénario, d'une solidité qui force l'admiration, rapporte une histoire tragique...

Babel

Babel

5

Maqroll

le 17 juil. 2013

Suivre

Critique de Babel par Maqroll

Une quadruple histoire dont on démêle peu à peu les intrications, qui constituent une espèce de fresque sur les difficultés des êtres humains à parler entre eux. Malheureusement, ce film rempli de...

L'Émigrant

L'Émigrant

10

Maqroll

le 10 juil. 2013

Suivre
Dernière modification

le 29 janv. 2014

Critique de L'Émigrant par Maqroll

Attention, chef d’œuvre absolu. Chaplin s’attaque ici au mythe des mythes, l’arrivée des immigrants aux États-Unis (via Ellis Island) et la voie ouverte à tous les rêves… La traversée de l’Atlantique...