Ce film, réalisé par Brett Simmons et sorti en 2019 directement en vidéo, n'est pas mal mais sans plus. C'est ici l'histoire d'un moniteur de camp d'été qui téléphone à son amie car il pense être un tueur en série. Le film reprend ici les bases de célèbres slashers des années 80 comme "Vendredi 13" ou "Massacre au camp d'été" et joue avec ses codes, un peu à la "Scream". L'aspect réellement intéressant du film est le fait que ce soit cette fois un des moniteurs qui soit le psychopathe, tout en étant en même temps une victime. Son amie lui explique alors les règles pour survivre au slasher afin qu'il puisse s'en sortir. Tout était donc réuni pour faire un bon film, le côté méta est très bon et l'ambiance et l'esthétique reprend très bien les codes des slashers des années 80. Mais malheureusement, c'est dans la construction de l'histoire que le film pêche. Le film est principalement construit en flashbacks avec le body count indiqué à l'écran comme repère dans le temps, ce qui est une très bonne idée car nous avons alors une histoire moins linéaire et qui laisse, de plus, la place à un petit suspense. En revanche, le film base également son intrigue sur les conversations téléphoniques entre le moniteur et son amie, ce qui donne alors lieu à des dialogues assez longs et surtout une construction assez lassante. On regrettera en effet que son amie ne vienne jamais sur les lieux en participant ainsi réellement au film mais reste dans son coin, au téléphone, ce qui coupe par ailleurs bien souvent l'action. Nous avons alors plusieurs scènes assez longuettes, ce qui amène forcément un certain ennui chez le spectateur. Et c'est franchement dommage car, en dehors de ça, le film est très original, même en ce qui concerne la fin qui renverse, une nouvelle fois, les codes du genre. Concernant les acteurs, nous retiendrons principalement Fran Kranz et Alyson Hannigan qui jouent très bien. "You Might Be the Killer" est donc un film avec un énorme potentiel qui est principalement gâché par la construction de l'histoire.