En nous mettant dans les traces de Maya (Jessica Chastain), idéaliste pensant que le chemin pour arriver à ses fins est linéaire, le récit nous montre des ramifications sans fin, qui nous conduisent à des fausses pistes, ou des morts violentes. Une phrase résume parfaitement ce qui se joue sous nos yeux : « On ignore ce qu’on ignore ». Car les protagonistes sont plus souvent face à des interrogations que face à des certitudes, et cela en devient fascinant, car on a l’impression que la chance est un élément constitutif de cette traque (même si le boulot est titanesque mais ingrat, car totalement transparent pour la population).
C’est un exercice brillant, quelque part entre thriller et documentaire, qui essaie d’éviter le manichéisme, mais qui n’hésite pas à nous mettre en face de nos contradictions : la guerre face au terrorisme peut se régler autour d’une table, mais à un certain moment, il faudra que quelqu’un, quelque part se salisse les mains.