Ça n'est pas SEVEN mais il est permis d'aimer. Non mais ho, hein.
La traque, étalée sur presque 15 ans, du Zodiaque, tueur en série ayant sévi à la fin des années 60 et au début des années 70...
Particulièrement long, le film de David Fincher n'en reste pas moins passionnant. Le cinéaste privilégie là une mise en scène à la fois simple et ingénieuse, n'acceptant aucun écart de conduite. De cette mise en place, il est impressionnant de constater que "Zodiac" forme avec "Seven" un diptyque de tueur en série que le cinéaste fait contraster au maximum. Deux styles radicalement différents pour deux films tout aussi bons. Là où "Seven" jouait beaucoup sur l'image et la puissance évocatrice de la photographie, "Zodiac" joue sur les mots, sur les faits, sur la supposition. Sur 2H30, Fincher réussit à captiver, à introduire un suspense général. De plus, le réalisateur se permet un humour noir bienvenu, un cynisme parfois hilarant, associé à une galerie de trois personnages, menant l'enquête tour à tour. Des trois points de vue, le film propose trois façons de voir les choses. Avec humour pour Robert Downey Jr., avec crainte pour Mark Ruffalo, et avec frissones pour Jake Gyllenhaal. Parce que "Zodiac" nous fait passer par ces trois sensations, il en devient un film intelligent et maîtrisé de bout en bout, et arrive à choquer, toutes proportions gardées, autant que "Seven", notamment grâce à son excellent scénario. Et si la mise en scène paraît exceptionnelle, c'est parce qu'elle passe presque inaperçue et qu'elle arrive à fasciner. Une réalisation Eastwoodienne, en somme, mais aux accents Fincheriens. Un très bon thriller, donc, sans doute un peu trop long et bavard pour atteindre la perfection. On est même parfois complètement déboussolé par des ellipses brutales, preuve que Fincher a fait du temps son terrain de jeu sur ce film. Mais la réussite est indéniable.