La réinterprétation hallucinante d'un des meilleurs FPS de l'histoire

Avis sur Black Mesa: Definitive Edition sur PC

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Version PC

A la fois remake et ré imagination du 1er Half-Life, FPS culte qui a popularisé Valve, Black Mesa est un projet très ambitieux revenant de loin. Tout d’abord annoncé en 2005 par des fans sous le groupe Crowbar Collective souhaitant refaire HL 1 sur le Source Engine, le soft a été une grosse arlésienne.

Effectivement, il est sorti dans un 1er temps en 2012 dans une version gratuite, puis en 2015 en version payante sur Steam, où il avait été retravaillé davantage en terme d’animations, ressources et décors. Le hic ? Il manquait le chapitre finale du jeu à ces deux versions : le monde alien Xen, en développement intense pendant 4 longues années.

Black Mesa étant enfin complet avec les chapitres de Xen depuis le 24 décembre 2019, voyons voir si ce remake est à la hauteur des espérances et digne du hit de Valve. Nous évoquerons le cas Xen en dernier paragraphe et les changements de ce gros chapitre finale par rapport au jeu original.

Le scénario ne change pas réellement dans le remake. Nous incarnons toujours Gordon Freeman, scientifique travaillant au centre de recherches de Black Mesa dans le Nevada, qui va devoir analyser un échantillon de minerai provenant d’une autre dimension. Et le drame arrive, des portails s’ouvrent et des Aliens déboulent pour massacrer tout le personnel de Black Mesa. Notre chercheur préféré va devoir survivre et s’échapper de Black Mesa à l’aide de sa combinaison et de son pied de biche.

Ce qui va interpeller dans l’immersion, c’est le soin impressionnant apporté par Crowbar Collective pour faire revivre les événements connus en 98, avec une narration et des scripts encore plus détaillés, participant à une réelle cohérence de l’univers Half-Life.

Les développeurs se sont permis de légères prises de liberté aussi pour être encore plus en corrélation avec Half-Life 2 notamment avec les personnages (Dr Kleiner, Eli Vance, les Vortigaunts …).

Côté gameplay, nous sommes en terrain connu avec ce FPS qui a marqué son temps en terme d’ambiance, de gunfights contre des Aliens et Militaires, de narration sans temps mort à travers les yeux de notre personnage.

Le tout utilise la modernité apportée par le Source Engine, permettant de sprinter, porter des objets pour faire mumuse avec le moteur physique et actions qui serviront à la résolution de petites énigmes, le gravity gun de HL 2 en moins.

De ce côté-là, Crowbar Collective ont géré et se sont permis également d’ajouter de nouvelles zones et pièces, se raccordant avec justesse dans le level design de HL 1. Sans compter quelques séquences légèrement modifiées pour varier les situations. Certains fans risquent de ne pas apprécier forcément ces situations inédites, mais elles restent finalement cohérentes avec Half Life 1, tout en restant fidèle au jeu de Valve et en étoffant le background et le gameplay.

Pour la réalisation technique et artistique, on touche le plus gros point fort de Black Mesa. Tournant avec le Source Engine qui a quand même 15 ans, Crowbar Collective ont fait l’exploit de pousser le moteur dans ses limites pour nous recréer entièrement Half-Life, le centre de recherches de Black Mesa et ses environs que l’on visitera.

Les décors, les personnages, les objets crées etc sont détaillés de façon impressionnante et nous donnent réellement l’impression de déambuler dans les couloirs de Black Mesa et les extérieurs avec ses interactions, ses personnages et ses ennemis.

Le tout sans compter sur la vision de ces développeurs qui ont su apposer leur patte sur la direction artistique du jeu original en terme de chara design et décors mais restant parfaitement fidèle au jeu de Valve.

On ajoute également les effets de lumières et d’ombres prolongées magnifiques, et nous avons un remake qui transpire la passion et l’amour du jeu original par tous les pores, malgré parfois quelques choix discutables qui ne plairont pas à tout le monde.

Par exemple, les militaires que l’on devra combattre et qui montrent clairement qu’ils sont de vulgaires reskins des soldats du Cartel de Half-Life 2. Cela se voit dans leur IA mais surtout leurs animations.

Il est à noter qu’en globalité, Black Mesa est bien optimisé et devrait tourner sans soucis sur la plupart des PC gamer, même les anciens. Pour ma part, je suis sur une GTX 1060, 8 Go de RAM et un Core I5, je pouvais pousser les graphismes very high en 1080p et en gardant un 60 FPS constant les ¾ du temps. Quelques ralentissements par ci par là, notamment sur Xen où les développeurs tentent de corriger l'optimisation. Mais rien de méchant.

Pour la bande son, on touche un point excellent aussi. Tout d’abord le sound design qui nous immerge totalement avec des bruits environnant détaillés, des sons d’armes qui ont un bon impact, sans compter les cris des Xéniens et doublages de bonne facture aussi pour du fandub.

Mais le plus gros point fort, c’est la bande sonore signée Joel Nielsen. Il livre des musiques assez discrètes comme dans le 1er Half Life, mais elles savent soutenir parfaitement les diverses situations du jeu, avec des sons tantôt rocks, tantôt technos, voire très Zimmer.

Il s’est notamment surpassé sur la bande son dédiée aux chapitres de Xen, où les musiques vont enchaîner des notes magistrales, qui s’intégreront super bien aux situations de Xen et vous colleront de sacrées frissons. Il y avait par moment des sons soundwave des 80’s et limite du Brad Fiedel également. A écouter absolument !

Pour la durée de vie, comptez environ quinze à vingt heures pour terminer Black Mesa. Le jeu est maintenant complet et les chapitres durent longtemps de par les nouvelles zones ajoutées, ce qui va déstabiliser au début même les gros fans du 1er Half-Life.

Le cas Xen

Avant de conclure, parlons de Xen version 2019. La plupart des fans ont toujours considéré Xen dans le Half Life de 98 comme étant les niveaux bouche trous pas terrible, où Valve ne savait pas quoi faire. Sans que je trouve Xen et ses chapitres mauvais pour ma part, il y a malgré tout une part de vérité là dedans.

Par conséquent, Crowbar Collective ont littéralement mis 4 ans pour créer leur Xen et leur vision, pour se différencier de celui de Valve. Et ils ont parfaitement eu raison, car j’ai pris une sacrée claque sur leur vision de Xen. Tout d’abord graphiquement hallucinant, vous allez avoir des paysages et décors variés sur le même monde alien, qui vont développer la culture, la faune et la flore de cette dimension frontalière.

Xen version Black Mesa arrive à varier constamment ses ambiances et décors, passant de magnifiques îlots flottant sous des couleurs bleutées façon Ori and the Blind Forest ou Avatar de Cameron, pour passer à des décors chaud avec soleil dans l’antre du Gonarch, ou encore carrément une vision tirée des enfers et couleurs rougeâtres que ne renieraient pas un Doom et ses terres martiennes, voire un Seigneur des Anneaux en plein Mordor.

Autant d’ambiance différentes qui vont s'inscrire aussi dans des situations diverses dans le gameplay. Par exemple, de l’apprentissage du Long Saut dans les décors bleutés avec résolution de petites énigmes, pour passer d’un combat contre le Gonarch en course poursuite et j’en passe.

Toutes ces situations vont s’accompagner des hallucinantes musiques de Joel Nielsen qui vous feront littéralement voyager pendant vos découvertes dans ce monde alien, afin de traquer le Nihilanth. Il y aura parfois quelques moments de frustration ou situations longuettes (coucou la phase sur les tapis roulants, et phases de plates formes avec les énigmes à base de prises dans le chapitre « L’intrus »), mais c’est rare.

Bref, le Xen version Black Mesa explose complètement le Xen version Valve de 98, qui n’était pas foncièrement mauvais mais Valve avaient eux même avoués qu’ils ne savaient pas trop comment s’en sortir sur le level design et l'ambiance de Xen. D'ailleurs en terme de durée de vie, le Xen remaké vous prendra bien facilement 6h environ avant d’en voir la fin.

C’est littéralement un tout autre jeu le Xen, et l’on comprend mieux pourquoi Crowbar Collective ont mis autant de temps à le sortir, car ça vaut vraiment le coup.

Bilan des courses, plus qu’un simple remake, Black Mesa est une réinterprétation hallucinante de fans qui rend parfaitement hommage à l’un des meilleurs FPS jamais crées dans l’histoire du jeu vidéo. Sachant que BM n’est pas encore totalement sorti en version « 1.0 » et continue d’être peaufiné par ses créateurs, pour améliorer le jeu, chasser quelques bugs, ajouter de nouvelles choses dont le multijoueur etc. Ils auront mis presque 15 ans certes à concrétiser ce projet et à le sortir en version finale en 2020.

Mais à l’arrivée, nous avons une redécouverte totale de Half-Life qui vaut clairement le coup d’être joué que ce soit par les fans inconditionnel du scientifique au pied de biche, ou les nouveaux arrivants. C’est déjà pour moi l’un de mes jeux préférés de l’année 2020 alors qu’elle vient à peine de commencer !

Nono

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