Make Far Cry... great again...

Avis sur Far Cry 5 sur Xbox One

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Version Xbox One

Il y a certainement beaucoup à dire sur le Far Cry numéro 5 qui a fait parler de lui bien des mois avant sa sortie... On y avait appris que l'on allait combattre une secte d'inspiration nettement chrétienne très férue d'armes à feu et de lavages de cerveau et donc que les "cinglés" en question étaient bien blancs...

Aussitôt, tollé de l'extrême-droite américaine très croyante qui voyait d'un très mauvais oeil une telle mise sur le grill ; et en même temps, réjouissances hystériques de l'extrême-gauche qui se voyait déjà casser du "redneck" en masse et accessoirement les électeurs Trump, car le milliardaire twitteur venait d'être élu !

Voyant le "bad buzz" venir à grands pas (ou en tout cas la polémique à relents politiques très casse-gueule), Ubisoft a effectué des ajustements et a réparti dans l'un et l'autre camp de son jeu (la Secte et la "Résistance") autant de gens de couleur que faire se peut : ainsi la diversité est assurée en un "melting pot" consensuel et politiquement correct. On peut même jouer avec une nana désormais, même si ça ne change rien dans le jeu lui-même.

Bien sûr, les 4 membres de la famille de tarés (de la secte) restent blancs et cela, Ubisoft ne pouvait rien y faire, le travail étant bien trop avancé pour effectuer des changements à ce stade. Mais il est vrai que des sectes vaguement similaires ont existé et qu'elles étaient menées par des Caucasiens. Don't act.

Ce qui est sûr, c'est qu'il est évidemment plus facile de taper sur la Chrétienté que sur une autre religion qui compte actuellement les pires fanatiques au monde : d'une part, vous ne risquez rien et d'autre part, vous ne vous attirerez point les foudres des gauchistes pro... enfin, en faveur de cette religion-là. Car dire un mot qui sera jugé immanquablement de travers sur celle-là et vous risquez gros, très gros.

En tout cas, ce Far Cry dans le Montana a été remis à plat en ce qui concerne ses mécaniques : les tours ont dégagé (ouf !) et le système de progression est bien plus naturel puisque les points de compétence vous seront donnés lors de l'exploration ou en accomplissant des défis, défis qui vous encouragent très logiquement à utiliser tout l'arsenal à disposition. La chasse n'est plus nécessaire pour débloquer les capacités d'emport et devient tout-à-fait optionnelle : tout se fait par les points obtenus via les défis.

La carte n'est plus surchargée d'icônes dans tous les sens, car tout apparaît au fur et à mesure de vos découvertes et dialogues avec les résistants ; le jeu a repris à son compte le bon principe de GR Wildlands. Le monde en lui-même peut se parcourir de long en large sans difficulté, contrairement à Far Cry 4, sans devoir utiliser un putain de grappin même si celui-ci existe toujours.

Far Cry 5 est aussi exempt de tout farmage intempestif, une excellente nouvelle ! pas de merdes à ramasser ou si peu qu'elles en sont devenues totalement anecdotiques. On progresse comme on le souhaite et à son rythme dans la campagne, laquelle propose d'ailleurs tellement de missions principales qu'on a toujours le choix.

L'interface générale est un modèle du genre et a été améliorée par rapport aux précédents Far Cry, la maniabilité se révèle impeccable et les sensations sont excellentes : il s'agit de l'un des meilleurs FPS existants et peu peuvent lui être comparés à ce niveau d'excellence. L'arsenal est varié et la partie sonore est incroyablement soignée, soulignant avec à-propos et justesse le déluge de feu en votre possession.

D'ailleurs, qu'il est drôle de constater qu'ici et là, le jeu tente de caricaturer et brocarder les fidèles de la NRA et le recours continuel à la violence alors que personnellement dans la campagne, j'ai tué tout de même 1457 personnes ! et on ne peut pas faire autrement : on est pas dans un Deux Ex ou un Dishonored ! Quoi qu'il en soit, le jeu se moque gentiment des maniaques des armes à feu, spécialité américaine comme chacun le sait : c'est souvent maladroit mais ça ne mange pas de pain.

Ah j'allais ouiblier le système de compagnons qui peuvent vous épauler à tout moment : au nombre de 9, ils sont tous aussi tarés que les cinglés de la secte et 2 d'entre eux (au choix) viennent vous prêter main forte quand ça sent le roussi... et ça sent souvent le roussi par ici !

Un mot sur la très bonne VF, la musique ratée (qu'on peut désactiver) et un autre sur la baffe graphique que constitue ce Far Cry 5 (étoiles) : il tourne en 4K sans faiblir sur la Xbox One X avec un niveau de détails, de précision et d'effets sidérants ; en 2 mots, absolument magnifique.

On s'amuse beaucoup dans le Montana, dans ce joyeux massacre qu'on peut parcourir aussi en hélico ou en avion (!) de façon furtive (et cela fonctionne bien malgré une IA perfectible) ou de façon moins subtile... il faut dire que le jeu pousse au crime et la moindre occasion de faire parler les flingues puisqu'on a assez vite la puissance de feu -jubilatoire- d'un croiseur.

L'histoire en général, on s'en tamponne dans les Far Cry : y a toujours des méchants et leurs sbires et donc toi, t'es là pour passer un grand coup de karcher... ou de lance-flammes. Ubisoft essaye de temps en temps de faire un méchant "profond" et compliqué comme un pilier de bar essaye de faire de la psychologie (de comptoir).

Sauf que là, dans Far Cry 5, la prétention a remplacé la maladresse... tout en la gardant sous le coude -quand même- la maladresse. Ainsi, se faire capturer régulièrement par les cinglés pour écouter leurs monologues qui racontent n'importe quoi, ça c'est prétentieux en plus d'être maladroit. Oui, on voit tous les fils qui dépassent, car c'est cousu de fil blanc...

Et ces épreuves en temps limité sont juste ridicules (il y en a 4 il me semble) et ne montrent et ne démontrent rien. Les 3 clampins qui ont boulotté l'histoire (!) du jeu ont voulu tenter quelque chose mais ils ne savaient pas eux-mêmes ce qu'ils voulaient dire en fait. Les deux fins proposées sont à ce sujet édifiantes et pas loin de se révéler aussi ridicules qu'un certain Bioshock Infinite qui pétait plus haut que son cul.

On a donc tout et son contraire dans ce charabia volontiers pontifiant qui nous en touche une sans faire bouger l'autre. Pourquoi faire un truc pareil ? faites simple et bourrin, car c'est ce que vous savez faire de mieux : une fois que le karcher est passé, c'est la fin et puis point barre. Faites simple, bon dieu !

Voilà donc un Far Cry pétri de contradictions mais pourtant si agréable à l'utilisation, si bien fait, si pointilleux dans son souci du détail, dans sa jouablité parfaitement réglée qu'on ne comprend pas pourquoi "l'histoire" est autant partie en vrille. Il s'agit en vérité d'un jeu superbe mis à mal par des branques qui voulaient faire passer des "messages" tout en se marchant sur les pieds. Un peu comme Trump lorsqu'il se met à twitter finalement.

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