Le meilleur en 10 ans

Avis sur Forza Motorsport 6 sur Xbox One

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Version Xbox One

MAJ 23/06/2016 : ajout des extensions Porsche / Nascar

Après un cinquième opus épaulant le lancement de la Xbox One, Turn10 fête dignement les 10 ans de la série avec un sixième épisode magistrale.

Retour du garage
La première chose qui marque le grand retour de Forza, c'est le garage. Si pour des raisons de délai celui du 5 s'était avéré "limité" à 150 voitures, ici nous en avons la bagatelle de 450. Comme à son habitude ici on propose des voitures à caractère plus ou moins sportif, excluant ainsi les voitures de monsieur tout le monde à part pour quelques modèles (Combi VW, Coccinelle...). A côté des grosses sportives de BMW / Mercedes / Audi on retrouve naturellement les sportives et supercar de Ferrari ou Lamborghini, Porsche étant absent, la licence étant chez EA (néanmoins un DLC est prévu pour 2016). Un catalogue à jour avec les Alfa Roméo 4C, McLaren 650, Mazda MX-5 ND, Ford GT 2017... Les voitures de compétition sont également là, on retrouve les habituelles prototypes et GT d'endurance auxquelles s'ajoutent du WTCC / BTCC, V8 Supercar, Formula E... ainsi que les anciennes gloires de la F1 des années 60-70 et mêmes les pinières des années 30. Et comme d'habitude on n'a pas 36 Skyline ou 60 MX-5, on se contente d'une par génération. A noter enfin l'arrivée de l'Alpine A110 (ranger avec les autres Renault) pour les plus chauvins :D
Concernant la liste des circuits on se retrouve avec 26 (sans compter les variantes). Si le trio gagnant Spa-Francorchamps / Nurburgring / Le Mans réponds toujours présent on regrette toujours l'absence de Suzuka ou de Mugello (présent dans FM4). Parmi les nouveaux arrivants on trouve du lourd : Monza, Daytona et Watkins Glen. A cela s'ajoute un Brands Hatch qui ne paie pas de mine mais qui s'avère terrible sous la pluie (on en reparlera plus tard). En fictif on découvre un Rio rayonnant.

Carrière, multi...
Le gros du jeu est sans doute le mode carrière. La carrière est divisé en 5 sections, censé raconter l'histoire et l'évolution du sport automobile. Chaque section est constituée de 6 catégories, chaque catégorie ayant 3 "championnats" ayant une quinzaine de courses (soit plus de 450 courses en tout). Les championnats ne font pas le lien entre les courses, pour passer à la course suivante il suffit en effet de terminer sur le podium et pour boucler un championnat il faut juste terminer sur le podium de la dernière course. A côté de cette carrière on trouve des rassemblements, il s'agit d'une centaine d'épreuves avec véhicule plus ou moins imposé (entre 1 et 5 modèles) et non modifiables/réglables. C'est ici qu'on trouvera les courses d'endurance ainsi que les épreuves type autocross, bowling et dépassement au passage. Concernant les courses d'endurance, malheureusement pas de progrès, usures des pneus et consommation de carburant et c'est tout. Aucune vraie gestion des pneus ou de stratégie possible. Compter entre 1 et 3 heures suivant la course. Durant la carrière vous avez également des « mods », il s’agit de cartes qui offrent un bonus ou un handicap. Il en existe de 3 types : technique, audace et boost. Les techniques offrent 1 ou 2 bonus (adhérence, poids, puissance) qui peut être conditionné par le circuit ou la marque. Les boost offrent un bonus plus importance (crédit, expérience, performance, avancé sur la grille…) mais sont à usage unique. Les audaces, les plus intéressant, vous rajoutent un handicap (commencé dernier sur la grille, pas de rewind, boite manuelle imposée…) mais offre en contrepartie un bonus de crédit. Vous pouvez activer jusqu’à 3 mods en même temps (mais un seul technique et un seul audace à la fois).
Le multijoueur s'articule autour de 3 modes principaux : le multi classique, le mode rival et le mode catégorie. Commençons par le mode "classique", ici vous pourrez affronter vos amis et autres dans des courses jusqu'à 24 (tout comme le solo au passage). On retrouve donc toutes les limitations et réglages habituelles : nombre de tours, choix des voitures (catégorie, modèle), activer ou non les dégâts (décor, concurrents...), régler la difficulté/les aides pour tout le monde (dehors l'ABS, fini les trajectoires...). Mais vous n'êtes pas cloitré à des courses traditionnelles, non, vous pouvez faire des "courses" de drift (où le classement ne dépend pas de l'ordre de passage de la ligne d'arrivée, mais du score de drift) ainsi que vous éclatez en pousse-Mini. Le mode rival propose différents types de défi (contre la montre, drift, drag, autocross...) avec des conditions particulières (limitations sur la voiture... voir modèle imposé). Vous choisissez donc un ami / membre du club / joueur quelconque et allez devoir faire un meilleur temps / score que lui. Vous affronterez donc son fantôme. Si vous le battez, vous recevrez des gains (même si vous ne le battez pas d'ailleurs :p ) tandis que lui recevra un message l'informant que vous l'avez battu. Très motivant ce mode pousse les joueurs à s'améliorer et les fantômes permettent de trouver d'autant plus facilement les endroits où l'on a des points faibles. Si vous avez des défis fixes pour tout le monde, vous avez également des défis mensuels que Turn10 met à jour tous les mois. Les gains dans ce mode peuvent être TRES importants si vos performances figurent dans le haut du classement mondial. Le mode catégorie est quand à lui du match ranking, en accumulant les bonnes performances, vous monterez dans les catégories supérieures.
A chaque course (solo et multi) vous empochez en plus des crédits de l'expérience. L'expérience sert à monter en niveau, à chaque niveau vous débloquez un tirage vous permettant de remporter une voiture, des crédits ou un pack de mod. Pour l'affinité constructeur, plus vous roulez avec des voitures de la marque, plus votre niveau augmente. A chaque niveau vous gagnez quelques crédits, une fois au maximum, vous débloquez un mod spécial ne fonctionnant qu'avec les voitures de la marque. Et comme toujours, la finesse de Forza qui permet aux débutants comme aux pros de prendre du plaisir : vos gains dépendent également des réglages de difficulté (dégâts, IA, usure...) ainsi que des aides à la conduite activées (ABS...). Ce bonus peut plus que doubler les gains. Ainsi rien n'est hors d'atteinte et le challenge est conservé. Les débutants auront juste une évolution et un déblocage plus lents que les autres.

Tuning et personnalisation
Dans FM, les voitures sont classées suivant leur catégorie qui est déterminé par l'Indice de Performance. L'IP étant modifié par les améliorations que vous pouvez apporter à votre voiture. Et comme rien n'empêche une voiture de changer de catégorie, vous pourrez avoir des MX-5 gonflées aux hormones jouant dans la même catégorie que des Ferrari de série. Cette indice de performance obligera également la majorité des "petits" joueurs à revoir leur façon d'améliorer une voiture. En effet, toutes les améliorations ne coûtent pas le même prix en termes d'indice de performance. Améliorer les freins / amortisseurs / BAR coûtent ainsi nettement moins chères que les améliorations moteurs, l'allègement ou bien encore la qualité des pneus. Vous avez également à disposition des modifications "lourdes" comme le changement de transmission (passage en 4x4) ou de bloc moteur.
Mais la personnalisation de votre véhicule va bien plus loin que l'aspect technique puisque nous avons également l'aspect esthétique qui est modifiable avec l'atelier de peinture. Là-bas vous pourrez créer et décorer votre machine pour en faire une œuvre unique. L'éditeur vous propose en fait de coller différents calques. Ces calques sont des décorations/logos/formes primitives/caractères dont vous pouvez modifier la couleur, la taille, la forme, la rotation, le placement... Sachant que le jeu gère plus de 1000 calques par face de votre voiture (avant, arrière, gauche, droite) !!! Pour vous faciliter la tâche la possibilité de copier/coller est naturellement présente. De même vous pouvez sauvegarder des groupes de calques ce qui vous permettra de les réutiliser sur d'autres véhicules (très pratique surtout si vous créez des logos).
Tout cela est encore plus mis en valeur avec l'Autovista. Pas vraiment un mode de jeu à proprement parler, il ne s'agit pas ici de course mais simplement de pouvoir découvrir les voitures en gros plans sous tous les angles. De se balader autour ou à l'intérieur et d'interagir plus ou moins avec (ouverture des portes, capots, démarrage...). Le tout dispose d'un très haut niveau de détails et est commenté, TOUTES les voitures du jeu sont accessibles dans l'Autovista.

La pluie... et ses flaques !!!
Mais que serait une simulation sans un bon moteur physique ??? Celui de Forza peut se targuer d'être l'un des meilleurs sur console... si ce n'est le meilleur !!! Le moteur prend énormément de paramètres pour les pneus : pression, température des pneus (milieu, vers l'extérieur, vers l'intérieur), usure, angle... mais tous ces paramètres évoluent et changent vraiment au cours d'une course, modifiant de manière importante le comportement de votre véhicule aussi bien en accélération, freinage, virage... rarement les courses d'endurance se sont avérées aussi réalistes niveau usure. Les développeurs ont inclus des outils de télémétrie, ces derniers vous permettent d'analyser en profondeur le comportement de votre voiture (aussi bien en temps réel que lors d'un replay). La gestion des dégâts est toujours aussi bonne et les chocs entre concurrents ou les excursions hors-piste peuvent avoir de très lourdes conséquences. De nombreux éléments sont gérés (boîte de vitesse, transmission, moteur, suspension, frein, aérodynamique, direction...) et chacun influence la conduite. La direction vous fera tirer à gauche ou à droite, la boite de vitesse bridera votre vitesse ou ralentira les passages de vitesse, l'aéro affectera votre tenue de route, les freins votre freinage voir vous fera tirer d'un côté si un seul côté est endommagé... Certains dégâts seront flagrants (frein, direction, moteur...) tandis que d'autres seront plus subtils et se ressentiront d'abord sur le chrono.
Si tout cela est déjà bien beau, ce sixième opus voit (enfin) débarquer la nuit et la pluie. La nuit a naturellement pour première conséquence de nettement baisser la visibilité... surtout quand vous pétez un de vos phares. L'autre conséquence c'est la température bien plus froide qui fait qu'on adhère moins et qui oblige à revoir les freinages. Malheureusement la nuit n'est pas présente sur tous les circuits et elle n'est pas aussi efficace sur certains. Sur un Daytona ou un Yas Marina la visibilité n'est que peu influencé du fait des tonnes de projecteurs. A l'opposé la nuit à Spa, Le Mans ou sur le Nurburgring s'avère impressionnante... pour ne pas dire terrifiante dans le cas du Nurbur. Mieux que la nuit, vient la pluie... et là, Turn10 nous offre un challenge inédit et merveilleux. Oui, comme chez les concurrents la pluie réduit grandement l'adhérence et la température provoquant glissage et aquaplaning. Mais là où Turn10 nous offre de l'inédit c'est avec la présence de... flaques !!! Les circuits comportent en effets de nombreuses flaques, placées aux endroits où elles se forment réellement. De formes, de tailles et de profondeurs différentes elles vont vous ralentir si vous roulez entièrement dedans. Mais si par malheur vous ne mettez qu'une ou 2 roues dedans elles vont surtout faire tirer votre voiture et la déséquilibrer totalement voir vous envoyer faire de jolies 360. Et à ce petit jeu, les erreurs se paient cash, surtout avec des proto et autres F1 roulant à plus de 250 km/h. Et comme si cela ne suffisait pas, naturellement les flaques sont en plein dans les trajectoires voir même traversent toute la piste les rendant ainsi impossible à éviter. Il vous faudra donc tout réapprendre. Malheureusement la pluie n'est pas sans défaut... tout d'abord elle est statique, ne varie pas d'un iota, les flaques justement restant toujours aux mêmes endroits. Et tout comme la nuit la pluie n'est pas présente sur tous les circuits. Et pour ceux qui voudraient faire le grand défi d'un Nurburgring de nuit sous la pluie, il faudra encore patienter car non, c'est soit la nuit soit la pluie, pas les 2 en même temps.

Communautaire !!!
Régler votre voiture est trop compliqué ??? Vous n'avez pas l'âme d'un artiste ??? Pas de soucis, la communauté de Forza est là !!! En effet, une fois que vous avez réglé votre voiture ou créé votre livrée, vous pouvez la partager avec la communauté. En quelques cliques, n'importe quel joueur peut ainsi télécharger et installer vos réglages et autres décorations sur sa voiture. L'ensemble étant naturellement verrouillé et non modifiable. D'ailleurs à chaque fois que vous achetez une voiture, le jeu propose automatiquement une sélection d'une quinzaine de livrées en plus des couleurs constructeurs basiques. Si les réglages et livrées sont gratuites, il ne faut pas croire pour autant que leur créateur aura travaillé pour rien : à chaque téléchargement / utilisation / notation il recevra des crédits.
Pour le fun et le spectacle, la communauté propose également d'exposer aux yeux du monde vos photos et replays. Le mode photos permet de prendre des photos calmement mais également à n'importe quel moment d'une course. De nombreux réglages et filtres sont à disposition. Entre les talents de photographes, les livrées de la communauté et les graphismes de toute beauté du jeu on jurerait que plus d'une photo est issue de la vie réelle.

Technique
Commençons par l'IA, nommé Drivatar, qui est tout bonnement ce qui se fait de mieux à l'heure actuelle. Lorsque vous jouez, le jeu envoie votre manie de prendre les virages, les lignes droites, vos dépassements, vos trajectoires, vos freinages, etc... A partir de ces données, Turn10 génère un drivatar qui a plus ou moins votre comportement ou plutôt vos habitudes et qui sera l'une des IA pour les courses. Il en résulte de cela des IA bien plus vivantes. En effet, en plus de ne pas suivre un rail les IA vont réagir en fonction de votre conduite. Et comme si cela ne suffisait pas, l'IA ne prend pas ces décisions de manière formatée. Vous pouvez rembobiner 20 fois le passage d'un virage ou d'une chicane et voir 20 trajectoires différentes, surtout dans du trafic. L'IA fait ses propres erreurs de freinages, part en tête à queue... et quand elles sont plusieurs elles peuvent se mettre dans le décor ensemble. Plus que jamais l'IA est VIVANTE.
Après un cinquième opus magnifique malgré le rush du launch de la Xbox One, on pouvait s'attendre un sixième opus mieux fini avec 2 ans de plus... et on n’est pas déçu !!! Les modèles sont superbes, les décors magnifiques et riches. Les éclairages et les reflets forcent le respect, notamment la nuit. Quand à la pluie... le rendu est superbe (même si DriveClub reste un cran au-dessus). Mais le fin du fin c'est le framerate : 60 fps constant sans aucun ralentissement même sur les courses de pluie. Du pur bonheur. Pour l'aspect sonore, les bruitages (moteurs & co) sont d'excellentes factures et sont dans le haut du panier. Pour les musiques nous avons le droit à des thèmes plutôt dynamiques qui savent également se faire oublier.

Extensions: Porsche et Nascar
FM6 dispose de plusieurs DLC de voitures supplémentaires, mais il a également 2 DLC un peu particulier : les extensions Porsche et Nascar.
L'extension Porsche est naturellement dédiée à la firme de Stuttgart. On trouvera pas moins de 21 voitures supplémentaires allant de la vénérable 550A Speeder de 1955 à la récente 918 de 2014, le tout en passant par les modèles légendaires (356, 718 de 1960, 959, Carrera GT) ou les modèles de compétition (962C, 911 GT1 de 1998, 919) sans oublier naturellement la 911. Bref, il y en a pour tous les goûts (et oui, les suv Cayenne / Macan sont également là), on notera juste l'absence de la Panamera. A cela s'ajoute un circuit, le Virginia International Raceway, en 7 variantes jouables de jour, de nuit et sous la pluie. Le circuit est assez intéressant avec son tracé et ses légères dénivelées piégeuses. L'extension comporte également une petite carrière propre retraçant l'histoire de Porsche (une petite dizaine d'heure) ainsi que des épreuves dédiées dans les modes rivaux, catégories et multijoueurs. Enfin, pour les chasseurs de succès, l'extension embarque 19 nouveaux succès (pour 250 GS). Une extension très intéressante (même à 20e), même si on n'est pas un inconditionnel de Porsche.
De manière similaire, l'extension Nascar est dédiée au Nascar. On trouvera cette fois-ci 24 voitures qui représentent les équipes de la saison 2016... soit en réalité 5 voitures (3 Chevrolet, une Toyota et une Ford) avec plusieurs skins... sachant qu'il n'y a quasiment aucune différence entre ces 5 voitures de surcroit. A cela s'ajoute un nouveau circuit, Homestead-Miami Speedway, en 2 variantes (l'ovale et le circuit routier) jouables de jour et sous la pluie. Le circuit reste sympathique. L'extension comporte également une petite carrière propre (une petite dizaine d'heure) ainsi que des épreuves dédiées dans les modes rivaux, catégories et multijoueurs. Par contre, chose intéressante, le gameplay se voit légèrement rafraichit avec quelques nouveautés : départs lancés, aspiration avancée et arrêts aux stands obligatoire. Enfin, pour les chasseurs de succès, l'extension embarque 19 nouveaux succès (pour 250 GS). Une extension assez décevante (surtout vu son prix de 20e) si on n'est pas un fan de Nascar.

Jouabilité
Le modèle physique est très poussé, néanmoins, les aides au pilotage permettent aux débutants de bien se débrouiller. De longues heures de jeu seront nécessaires pour maîtriser les plus gros bolides sans les aides.
Graphismes
Les modèles des voitures sont superbes, l'animation est exemplaire, quand à la pluie... elle est magnifiquement rendue.
Son
Si les bruitages sont de très bonne qualité, une bande son sympathique.
Durée de vie
Finir le mode carrière vous prendra plusieurs dizaines d'heures, le mode rival donne un challenge perpétuel et après vous aurez le multi classique. Et si vous êtes un artiste vous pouvez rajouter l'atelier de peinture et le mode photo...

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