Jour Zero & Aube Nouvelle : Pourquoi vous devez jouer à HZD.

Avis sur Horizon: Zero Dawn sur PlayStation 4

Avatar LokielHanRyu
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Version PlayStation 4

Résumé garanti sans spoil car on ne spoil pas les grands jeux.

55h après le démarrage, me voilà à la fin du jeu (fini à l'instant). Difficile de commenter sans resituer le débat. Horizon était un jeu attendu par beaucoup auquel je ne croyais pas. Les premières images me semblaient belles mais comme beaucoup de jeu de sa génération, je m'attendais à du vide dans un bel emballage, un jeu fast food, vite consommé et vite jeté. J'en ai eu des bons retours mais j'avoue que c'est sur un coup de tête complet (et en plein milieux d'autres grands jeux) que je l'ai acheté en me disant qu'on n'allait pas mourir bête puis au pire il resterait dans ma collection, à attendre un jour d'ennui. C'est donc pessimiste que je me lançais dans l'aventure.

Pas de suspense : Je me suis trompée comme jamais je ne me suis trompée auparavant.

Techniquement au point (sauf un point sur lequel je reviendrais), musicalement très consistant et artistiquement inspiré de bout en bout, ce n'est pourtant pas ça qui m'a scotché au jeu. Coupons court, cet Horizon : Zero Dawn m'a mis une énorme baffe grâce à sa narration complète, grâce à ses personnages (son personnage principal en réalité) très attachants et surtout un ton mélancolique/nostalgique mais aussi plein d'espoir qui traverse telle une ligne rouge tout le jeu. Rien n'est épargné à l'héroïne du jeu qui ne peut laisser insensible et par son biais, rien n'est épargné au joueur non plus. On subit chacune des étapes de son apprentissage, des épreuves qu'elle traverse, des révélations qu'elle vit, chacune de ses remises en question, de cette longue quête à la recherche d'elle-même et on finit par s'attacher à cette Aloy. Au delà de ça, l'écriture, la qualité du récit, des récits jalonnant, façonnant le monde d'Horizon est exceptionnelle. S'épargnant le biais de bien des jeux post-apo, Horizon s'attache à nous raconter le monde, sa grandeur, sa décadence, son futur et son passé avec subtilité. A la fois à travers de fichiers audio trouvés ça et là, à la fois par des visuels, par des textes, on découvre petit à petit l'univers du jeu à travers différents regards, par les yeux de gens lambda dont la vie a été bouleversée du jour au lendemain.
Ainsi le tableau général ne nous est jamais réellement dévoilé et c'est à nous de comprendre, de rassembler les pièces du puzzle pour avoir la vue d'ensemble. Une vue dantesque. Une vue qui pousse à la réflexion, bien au-delà de ce que peut laisser présager le support.

Le jeu nous pousse pour la énième fois à nous poser ces questions classiques : Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Mais surtout que laissera-t-on à ceux qui suivront ? Des questions que pose constamment le jeu en apportant ses propres réponses, parfois contradictoires, toujours multiples et surtout toujours subtiles.

L'aventure, accompagnée de sa musique aérienne (beaucoup de violon et de piano, parfois des pistes un peu plus péchu) est très agréable d'un bout à l'autre. J'avoue aisément être un bien meilleur pour la musique que pour l'écriture d'un jeu (qui concentre l'essence même du jeu) mais l'OST m'a paru de très bonne facture, et tandis que j'écris cet avis, l'OST défile en même temps que les crédits me confortant sur ce point de vue.
Côté doublage, j'ai préféré joué en VO après un début en VF qui ne m'apparaissait pas convaincant du tout. La VO est d'excellente facture en revanche, avec un casting excellent qui fait vivre les personnages.

Techniquement réussi et très inspiré, bien que classique, le jeu nous offre des scènes parfois dantesques (à l'image de la première mais également de la dernière) et nous en met plein la vue constamment. Les ennemis robotiques sont un régal à découvrir, leurs animations sont réussies et réellement originales, sur la vingtaine proposée, pas un seul n'est de trop, pas un seul n'est gratuit ou raté. Le jeu va vous donner des sueurs froides durant les affrontements de certains d'entre-eux, va souvent vous obliger à ruser et utiliser l’entièreté de votre arsenal dans les batailles et il en ressort un énorme sentiment de satisfaction à l'issue de chaque combat un peu chaud duquel on ressort en se disant "bon sang/bordel de merde/AAAAAAAAAH/J'adore ce jeu"

Bien que bénéficiant d'une technique et d'un gameplay globalement réussi, c'est pourtant là aussi que le jeu pèche : Bien que très maniable et agréable à jouer, on comprend difficilement pourquoi Aloy ne peut pas s'accrocher partout tel un Ezio sauvage courant dans Rome. En effet, le personnage doit recourir à des points d'accrochage prédéterminé (signalé en jaune ou par des "bandes" blanche pour grimper et c'est aussi incompréhensible que dommage en 2017.
Dans le même sens, le combat contre les êtres humains est juste hallucinant de nullité pour un jeu qui met la barre aussi haute sur absolument tous les sujets : les combats sont mauvais, statiques, il n'existe pas de garde. On se retrouve à mourir non pas pour des erreurs en tant que joueur mais parce que le gameplay est tel qu'il ne peut en être autrement. Il manque une garde ou il manque tout simplement la consistance du gameplay génial offert contre les robots, quoi qu'il en soit et je le répète, dans un grand jeu tel que celui-ci qui ne commet que très peu de fausses notes, c'est dommage et d'autant plus remarquables.

Enfin, et terminons par là, l'exploration : il est intéressant de constater que c'est dans l'exploration, dans les phases où l'on est réellement à la recherche de quelque chose, parfois juste en train de se balader que le jeu exprime toute sa grandeur, toute sa magnificence, toute la qualité de l'équipe qui a travaillé derrière. Lâché dans la nature ou en train de faire des recherches dans des ruines pour faire avancer la quête principale, on ne s'ennuie jamais, à découvrir ici et là des éléments de l'histoire, des paysages magnifiques, parfois rien d'autres qu'un coin inexploré. A contrario, c'est dans les scènes plus tournées vers l'action que le jeu va être bien moins prenant, bien moins accrocheur, surtout vers la fin où ce genre de scènes vient à se multiplier et se répéter (encore qu'il fallait bien conclure). On aurait préféré un meilleur équilibrage sur ce point là.

Il ne reste rien à ajouter. Horizon est un must-have absolument et un très grand jeu dont on se souviendra. Je n'ai qu'une seule hâte à l'issue de ce volume : l'annonce d'un deux afin de me replonger dans les aventures d'Aloy, un deux qui corrigerait les défauts du premier et nous permettrait d'aller toujours plus loin.

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