Breath of the Warriors

Avis sur Hyrule Warriors : L'Ère du Fléau sur Nintendo Switch

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Version Nintendo Switch

Avant-propos

Me concernant, je n'avais qu'une vague expérience du genre avant cet opus. D'abord via de courtes sessions sur d'anciens jeux Samurai Warriors, et par le premier HW que je n'ai pas possédé mais auquel j'ai pu jouer durant des salons. Je ne pourrai donc pas comparer cet opus avec son prédécesseur et les autres jeux du style. À une exception près.

Cette exception étant Breath of the Wild. Qui certes n'est pas un Musō, mais dont s'est totalement inspiré ce deuxième HW retraçant "plus ou moins" les évènements antérieurs à cet opus. Dont l'attaque du Fléau Ganon qui aurait mené le royaume d'Hyrule au bord de l'anéantissement. Un contexte qui fut la principale raison m'ayant motivé à faire ce nouvel opus. Car même si le genre était radicalement différent, je ne pouvais pas résister une nouvelle fois à l'envie de replonger dans l'univers d'un jeu qui m'a profondément marqué il y a bientôt 4 ans.

Breath of the Warriors

Le gameplay est pour moi l'une des plus grandes qualités de cet opus. Accessible, varié, et reprenant habilement des mécaniques de BotW tout en conservant la sauce Warriors.

Tout d'abord en nous faisant jongler entre les différents modules de la tablette Sheikah pour percer la défense ennemie, et les baguettes élémentaires faisant de lourds dégâts face à des ennemis ou sur des zones sensibles. Comme un Moblin de feu face à une attaque de glace, ou une attaque électrique sur un plan d'eau.

Pour l'aspect Musō, j'ai beaucoup apprécié le fait que les combos s'effectuent de la même manière pour des combattants tous différents. Qu'il s'agisse des attaques standards suivis d'une attaque forte, les coups critiques, ou attaques spéciales, aucun ne se ressemble et tous sont très plaisants à regarder. Et même si ça ne figure pas dans le jeu, j'aurais tellement aimé voir des attaques combinés entre combattants.

Mais l'influence de BotW n'est jamais loin avec le retour des esquives au dernier moment permettant la contre-attaque. Et les parades au bouclier pour les combattants qui en possèdent un. Cela apporte une dimension beaucoup plus stratégique au combat, nous forçant à analyser le pattern adverse pour mieux se défendre.

Dommage que la caméra manque parfois de recul et a tendance à n'en faire qu'à sa tête dans des endroits exigus. Ça rend les combats encore plus brouillons qu'ils peuvent l'être en temps normal surtout face à une horde. Heureusement qu'on peut verrouiller les adversaires puissants.

Reconquête d'Hyrule

Il existe trois types de missions. Les batailles suivant la trame principale, les missions de combats "annexes", et les missions en Hyrule. Toutes sont représentées par des icônes sur la même carte que BotW, et demeurent tellement nombreuses que même compter les moutons serait un jeu d'enfant à côté. Mais pour ne pas s'y perdre, on peut consulter le tout par chapitres, niveaux, ou personnages.

Concernant les deux premiers types de missions, je dois reconnaitre que c'est moins répétitif que je ne l'aurais imaginé. Les situations étant assez variés avec des avant-postes à prendre ou à défendre, éliminer des ennemis spécifiques, ou tout autre tâche à effectuer avant la fin du temps imparti. Nettoyer entièrement la carte de ses ennemis n'a donc pas vraiment d'intérêt à part augmenter la durée de la mission.

Pour mieux s'y préparer, on peut même préparer à l'avance des plats qui octroieront divers bonus d'attaque, de défense, ou divers. Exactement comme dans BotW.

En revanche, c'est un jeu qui nous incite à explorer chaque recoin de la map. Pour dénicher des coffres, et ces bon vieux Korogus toujours aussi bien cachés et heureusement moins nombreux qu'auparavant. D'ailleurs à l'heure où ce test est publié, cette chasse aux noix est la dernière chose qui me reste à faire pour compléter le jeu à 100%. Et bien que la topographie soit quasiment la même que dans BotW, impossible d'aller au déjà des chemins prédéfinis pour la mission en cours. Frustrant, mais compréhensible vu le style de jeu.

Pour le dernier type de mission, ça ne se passe pas directement sur le terrain mais depuis la carte. On les complètera en apportant les ressources demandées qu'on aura dûment acquises au cours des combats, ou achetées dans les différents relais. Avec comme récompenses à la clé, des améliorations pour le personnage concerné. Ici le détecteur sera votre meilleur ami, car il indiquera directement où se trouvent les ressources que l'on cherche.

Et ça ne s'arrête jamais, même après la fin de la trame principale. Car chaque mission débloquée en fait apparaitre une autre sur la carte et ainsi de suite. Pour ma part, j'ai systématiquement fait les quêtes secondaires qu'il me restait avant d'entamer la prochaine mission principale. Autrement, je ne m'en serais pas sorti.

C'est en forgeant qu'on devient forgeron

De tous les objets et ressources que l'on récupère, les plus importants sont les armes. Qui cette fois ne sont plus "cassables" comme dans BotW pour mon plus grand soulagement. Armes que l'on pourra améliorer par la fusion au sein d'une Forge déblocable très tôt dans l'aventure. Ceci dit, j'aurais aimé avoir plus d'explications au sein du jeu sur les effets et le cumul des sceaux apposés aux armes. Car j'ai dû voir un tuto sur le net pour en comprendre toutes les subtilités.

Et compte tenu du très grand nombre de fusions, montées manuelles de niveau et bien plus encore à faire, vaut mieux prévoir pas mal de côté car les rubis partent très vite.

Un Prodige peut en cacher un autre

Autre grande qualité de ce HW, son casting très éclectique et qui m'a agréablement surpris dans sa globalité. Sans spoil, y en a dans le lot que je ne m'attendais pas à jouer. En revanche, il y a des personnages "cachés" qui pour moi n'ont rien à faire là. Dont un en particulier qui prend tellement de place à l’écran qu'on ne voit même plus les adversaires qui nous font face.

Pour ceux vus dans les trailers, j'ai apprécié la polyvalence de Link et le fait qu'il puisse manier trois types d'armes différentes. La subtilité de Zelda qui compense ses lacunes (temporaires) au combat par sa maitrise avancée de la tablette Sheikah. Le feu d'artifice visuel des attaques ultrarapides d'Impa. Et les attaques de de zones de Mipha et d'Urbosa. En revanche je suis moins fan du gameplay aérien de Revali, et de Daruk qui puise sa force dans le magma.

Des personnages tous interchangeables en pleine mission, et que l'on voit parfois s'encourager. Quand on connait leur histoire, c'est le genre de clin d’œil qui fait plaisir.

La plus grosse ombre au tableau demeure l'antagoniste principal qui est un cliché ambulant et manque cruellement de profondeur à mes yeux.

Et à l'exception de Link pour des raisons évidentes, tous les personnages sont à nouveau doublés par le même cast que BotW. J'ai fait une grosse partie du jeu avec des voix françaises plus que correctes pour la plupart. Avec Adeline Chetail entre-autres qui a rempilé pour incarner la princesse Zelda.

Vah-t-en-guerre

Quand j'avais vu le trailer montrant qu'on pouvait piloter les Créatures Divines, j'étais comme un fou. D'autant plus que ça fait sens vu le contexte du jeu, puisque ce sont les Prodiges qui sont chargés de les piloter en vue d'affronter le Fléau.

Et autant sur le papier ça donnait envie, autant en pratique c'est mitigé. Certes y a un côté jouissif de pouvoir contrôler ces colosses et tout ravager sur son passage à coups de projectiles et rayons surpuissants, mais ce ne sont pas les phases les plus intéressantes du jeu. À ce propos, j'ai un grief envers les phases avec le Vah Rudania de Daruk, qui a la pire défense de toutes les créatures. Puisqu'au lieu de générer un bouclier comme tout le monde, on ne peut qu'intercepter les gros projectiles dans l'optique de les renvoyer. Faisant de nous une cible facile pour le reste.

Esthétique

Visuellement, c'est assez inégal. Bien que le jeu ait repris le moteur graphique de BotW, ce qui n'est pas pour le déplaire, sur le plan purement technique y a encore du boulot. Et ce aussi bien durant les phases en Créature Divine qu'à même le sol. Avec des textures souvent grossières, du clipping, et surtout de violentes chutes de framerate dès lors que ça s'agite à l'écran. Au point où parfois on est largement en dessous des 30 fps.

Un tel résultat sur une console bientôt vieille de 4 ans c'est tout bonnement inadmissible et ça voudrait dire deux choses. Soit le jeu n'est pas suffisamment optimisé pour la Switch, soit la console a atteint ses limites. Rien que pour ça, une version améliorée de la machine me semble nécessaire. Et si c'est trop demander, au moins un patch correctif comme ça a déjà été fait pour BotW à ses débuts.

Heureusement que les très nombreuses cinématiques rattrapent le tout. Et qui sont à un niveau largement au-dessus de celles de BotW et ses DLC en termes de qualité, d'impact et de mise en scène. Un régal pour les mirettes.

Certaines zones du jeu en pleine mission m'ont rendu nostalgiques de BotW à plus d'un titre. Rien que pour ça je regrette l'absence d'un mode photo pour immortaliser ces moments. D'ailleurs en parlant de photo, pourquoi à chaque capture d'écran prise depuis la Switch on doit se farcir le nom de l'éditeur et du développeur en filigrane en dessous ? Je ne comprends pas l’intérêt et ça gâche le tout.

Musiques

La bande-son est excellente, et puise là aussi son inspiration de BotW qui fut composée par une équipe différente. Là où les musiques de ce dernier étaient majoritairement calmes pour coller à l'ambiance (à l'exception des combats de boss), dans ce HW on est dans un style totalement différent, plus guerrier. Qu'il s'agisse des nouvelles pistes ou des remix, un paquet d'entre-elles sont bien entrainantes. Certaines évoluent même selon l'action où le moment. Le meilleur exemple étant la musique qui s'emballe lorsqu'on est sur le point de porter un coup critique à l'ennemi.

Pour illustrer à quel point le travail sur cette OST est remarquable, il suffit de comparer la musique des Bois Perdus de BotW, et sa variation version HW. Je suis subjugué par la manière dont les compositeurs ont su rendre épique, un thème qui ne l'était pas du tout de base. Un grand bravo à Haruki Yamada, Kumi Tanioka, Reo Uratani, et Ryotaro Yagi pour leurs travaux.

Retour vers le futur d'Hyrule

Avant de conclure, il est temps de parler du scénario qui a fait tant débat. Le tout en étant le plus évasif possible afin de ne pas spoiler. De base, Nintendo avait vendu le projet en tant que "préquelle". Sauf que plus on avance dans le jeu, plus on constate qu'on est davantage sur du "spin-off".

On aurait pu s'en douter par la simple présence de RD2... Du mini-gardien qui n'existait pas dans BotW. Et qui est bien plus important que je ne le pensais. J'ai été surpris de la manière dont il avait été traité dans le scénario, surtout vers la fin du jeu avec quelques moments forts.

D'ailleurs c'est ce même gardien qui sera responsable du plus gros twist scénaristique. Qui a lieu durant deux (interminables) missions "parallèles" vers les trois quarts du jeu. Même si je me doutais bien que ça allait se passer différemment, j'étais absolument pas préparé à ce que ça se fasse de cette manière.

Un parti pris qui a fait jaser et je peux le comprendre. Mais après tout je me dis que si ça n'était pas arrivé, l'histoire se serait terminée beaucoup plus tôt et il n'y aurait eu aucune surprise. Puis vu ce qu'on y gagne après, je ne vais pas m'en plaindre.

Conclusion

À ma grande surprise, cette Ère du Fléau fait partie des jeux de 2020 que j'ai le plus apprécié faire. Si j'avais su que j’allais dépasser la centaine d'heures pour un jeu de ce style, surtout en connaissant mon passif avec les Musō.. J'ai eu affaire à un titre ultra généreux par son contenu, et surtout diablement addictif. Quand il y en a plus, il y en a encore.

Mais je ne l'aurais peut-être pas autant apprécié s'il n'avait pas rendu aussi brillamment hommage à Breath of the Wild. Par son style graphique, ses mécaniques de gameplay, ses personnages jouables ou non, ses musiques et bien plus encore. L'aspect fanservice était très présent, surtout là où on ne s'y attendait pas. C'est vraiment dommage que la technique et le framerate ne suivent pas car pour moi ça aurait été un quasi sans-faute.

En tout cas le mélange des genres a opéré avec brio. L'apéro parfait en attendant BotW 2 qui je l'espère, sortira en 2021 pour les 35 ans de la saga.

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