Une enquête qui ne manque pas de relief

Avis sur Phoenix Wright : Ace Attorney - Dual Destinies sur Nintendo 3DS

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Version Nintendo 3DS

Il se sera fait attendre, ce nouvel épisode de la série des Ace Attorney ! Après un épisode 4 en demie-teinte et des spin-offs contestés, Capcom avait fort à faire pour mériter le pardon des fans de la licence.

NOUVEAU DÉPART

L’éditeur a entendu son public : celui-ci voulait un vrai retour de Phoenix Wright, et une mise à l’écart des petits nouveaux. Même si Apollo Justice et Trucy Wright sont toujours présents dans le jeu, ils n’occupent cette fois que des rôles secondaires, surtout la jeune magicienne qui se retrouve quasiment figurante. Le premier procès est comme à l’accoutumée un prologue faisant office de tutoriel, il sera toutefois lié à des chapitres ultérieurs et le jeu fait usage de flashbacks de manière habile au risque de perdre un peu le joueur distrait. La première chose sautant aux yeux est la réalisation : intégralement en 3D cell-shadée, le relief de la 3DS est superbement exploité par les graphismes. Les personnages se détachent de façon nette des plans fixes des décors, et le flou accompagnant les scrollings n’est ici pas d’actualité. Rien à jeter, le jeu est magnifique, et peut-être une des meilleures raisons de réactiver le relief même en y étant allergique. L’ambiance sonore, malgré des thèmes archi-répétitifs, fait le job, et on se surprendra parfois à les fredonner. Pour la technique, donc, on n’est pas volé… pour l’emballage c’est un peu moins glorieux : le jeu n’est disponible qu’en dématérialisé, et le budget restreint du titre a fermé la porte à toute éventuelle localisation autre qu’anglaise. Dommage donc pour les non-anglophones, mais il va falloir dépoussiérer votre Robert & Collins pour profiter à fond du titre.

THAT'S THE JOKE

C’est d’autant plus problématique que ce qui fait le sel de la licence, c’est bien sûr l’écriture, et le dosage toujours subtilement difficile entre humour et intrigue policière. Autant couper court au suspense, le titre n’atteint jamais le génie de l’épisode 3, mais s’en approche nettement lors de ses derniers chapitres. On prendra peur lors de la première enquête, ennuyeuse au possible, et mettant en scène Apollo dans le rôle principal comme par hasard. Fastidieuse, un peu pénible et basée sur une histoire impliquant des personnages surnaturels, elle s’offre le luxe de n’avoir en plus strictement aucun rapport avec le reste des chapitres, tous liés entre eux. Heureusement qu’ils n’ont pas cherché à en faire un DLC. Cette enquête sera surtout l’occasion de sympathiser avec le personnage d’Athena Cykes, fougueuse jeune avocate qui fera sans problème oublier la soporifique Maya Fey. Athena apporte avec elle une nouvelle fonctionnalité sympa permettant de déceler les émotions contradictoires lors des témoignages. Nommé Widget, il s’agit donc d’un nouvel objet venant s’ajouter au Megatama de Phoenix et au bracelet d’Apollo et, contrairement aux psyche-locks à répétition de l’épisode 2, le jeu a la bonne idée de ne point en abuser.

YOUR BALDNESS

Dès la deuxième enquête, la machine est lancée et il devient impossible de l’arrêter. L’écriture fait mouche, l’humour est omniprésent et comme d’habitude les personnages sont au diapason : le juge est toujours aussi influençable, le nouveau procureur est redoutable, le nouveau flic un peu énervant. Les témoins disposent tous de mimiques hilarantes lorsqu’ils sont pris en défaut, la traduction se permet des références pop pointues, et va même jusqu’à l’autodérision. Un délice. Les affaires sont toujours aussi tarabiscotées et comme d’habitude il faudra vraiment tordre le problème dans tous les sens pour pouvoir établir l’innocence de son client. Le concept de présomption d’innocence n’existe pas, et tout accusé est considéré d’office coupable jusqu’à ce que des preuves définitives soient apportées. La défense a beau accumuler les preuves à décharge, il suffira d’une question du procureur sortie de nulle part pour que le juge soit de nouveau intimement persuadé de la culpabilité de l’accusé. Même si l’on a l’habitude dans la licence de se faire maltraiter par un système judiciaire aussi déséquilibré, on ne peut s’empêcher de parfois se dire qu’on n’aimerait vraiment pas habiter dans leur pays. Ultime cerise sur le gâteau : le DLC, disponible quelques mois après la sortie du jeu, est d’excellente facture et d’une durée de vie tout à fait convenable au vu de son prix. Pour une fois, Capcom ne s’est pas foutu de nous.

Uniquement dématérialisé, uniquement disponible en japonais et en anglais, ce nouvel épisode de Phoenix Wright semblait bien mal parti et même Capcom semblait ne pas trop y croire. Il s'agit pourtant d'un titre de qualité, bien écrit et passionnant malgré quelques faiblesses, doté d'un DLC à la durée de vie plus qu'honorable. Même si Shu Takumi a récemment déclaré que la série n'aurait pas dû continuer, je ne peux qu'en redemander.

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