Aussi bon que difficile... non, légèrement meilleur en fait.

Avis sur Prince of Persia sur Amstrad CPC

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Version Amstrad CPC

Prince of Persia est un précurseur : il s'agit du premier "cinematic platformer" (jeu de plate-formes dont la physique est réaliste, avec les mouvements du personnage qui ressemblent aux mouvements d'un être humain, sans l'exagération au niveau des sauts par exemple), et c'est également le premier jeu à utiliser la technique de la rotoscopie (technique cinématographique qui consiste à enregistrer image par image les contours du personnage). C'est également - à ma connaissance - le premier jeu à disposer d'un temps réel. C'est à dire que vous avez une heure pour terminer le jeu, et puis c'est tout. La quantité de vies est infinie mais perdre une vie signifie reprendre au début du niveau, et perdre donc un temps très précieux.

Donc, Prince of Persia est un précurseur. Trois fois. Mais on peut être à la fois un précurseur et un mauvais jeu. Ce n'est cependant pas le cas ici.

Le scénario est classique au possible : dans l'Iran médiéval (alors nommée la Perse, Persia en anglais), un méchant vizir qui, comme tous les méchants vizirs, se nomme Jaffar, renverse le pouvoir. Avec la grande originalité dont il aime faire montre, il enferme dans la tour la fille du Sultan et la mariera de force dans 60 minutes. Bigre. Fort heureusement, un jeune homme blond, que vous incarnerez, tombé soudainement amoureux de la ravissante captive, est jeté dans les donjons du palais, ce qui lui permettra donc de se frayer un chemin pour vaincre Jaffar, sauver la princesse et... la suite des événements sera laissée à l'appréciation du lecteur.

Pour ce faire, vous ne disposez que de peu de choses : trois petits points de vie, la possibilité de courir ou marcher au pas, la possibilité de sauter vers le haut ou vers l'avant, la possibilité de vous accroupir (et éventuellement de marcher "en mode lapin"), la possibilité de vous suspendre aux rebords des parois et d'y grimper. Si vous tombez d'un peu trop haut, vous perdez un point de vie, et si vous tombez d'encore plus haut, vous êtes mort (donc reprise au début du niveau et perte de temps pour ceux qui suivent).

A côté de cela, vous trouverez lors de votre voyage une épée grâce à laquelle vous pourrez asséner des coups ou parer ; ainsi que des potions de différentes couleurs, qui vous redonneront des points de vie perdus, ou vous ajouteront un point de vie à votre maximum, ou vous feront perdre un point de vie, ou... ah oui, il y en a une un peu particulière, mais je vous laisse la surprise (NDLR* : apparemment, la version Super Nintendo dispose de potions supplémentaires qui n'apparaissent dans aucune autre version).

Enfin, vous aurez des dalles qui s'effondrent, des piques trèèèèès pointus à traverser prudemment, des dalles qui activent des mécanismes d'ouverture et de fermeture des portes, en bref, tout un arsenal pour vous mener la vie dure. Ah, et puis bien entendu, des ennemis : des gardes plus ou moins puissants, plus ou moins intelligents, et des squelettes.

Et tout ce petit arsenal est regroupé en 12 (NDLR* : 13 peut-être ? et apparemment, plus dans certaines versions) niveaux qu'il vous faudra terminer en une heure maximum. Ouch.

Prince of Persia, donc, est un jeu qui se recommence : on apprend petit à petit la configuration des niveaux, les pièges à éviter, la position des gardes, quel mécanisme ouvre quelle porte, les passages secrets (il y en a !), les endroits difficiles, les endroits où il faut se dépêcher avant que cette satané porte ne se ferme, etc... On recommence, donc, et on passe de plus en plus de niveaux, on arrive de plus en plus loin, on fait de moins en moins d'erreur... mais personnellement, ça ne m'a pas suffit. Je n'ai jamais réussi à passer le niveau 11 (l'avant-dernier a priori, donc - NOTE : en regardant une vidéo d'un longplay, je remarque que le temps s'est écoulé... juste avant le boss final. J'aurais pu terminer le jeu avec deux minutes supplémentaires !).

Prince of Persia fut une vraie claque pour moi. Je n'avais encore jamais vu de jeu aussi beau et prenant sur CPC. Un triple précurseur et un jeu mémorable, peut-être plus difficile à apprécier aujourd'hui, mais tellement jouissif à l'époque.

(Attention, à noter que ma critique concerne la version CPC qui est la seule que je connais. Et parmi la gigantesque, et parfois décevante ludothèque de cette machine, il est un incontournable).

* LR, oui, c'est moi.

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