Resident Evil
8.2
Resident Evil

Jeu de Capcom (2002 · GameCube)

Mon psychanalyste étant parti en cure de désintoxication pour un mois, ma propre thérapie cathartique en prend un coup dans le gésier. "Il faudra écrire !" m'a-t-il exhorté lors de notre dernière séance. C'est donc pour ne pas retomber dans d'incontrôlables terreurs nocturnes hystériques que je crache le morceau.
Sur vous. Vous m'en excuserez.


Parlons donc de Resident Evil, cause d'interminables insomnies enfantines.


En 1996, lorsque sortit cette galette maudite, les jeux vidéo n'étaient que couleurs chatoyantes, animaux bucoliques et vils sacripants à tacler à coups de miches généreusement polygonées. Insouciance, joyeuseté et rigolade ! Sauf que -élément perturbateur- un grand frère indélicat vint briser ce charmant équilibre acidulé. Sans la moindre crainte, le petit niais d'alors l'accompagnait dans sa découverte de l'horreur. Dans le noir, bien sûr. Connerie irréversible.
Adieu Sonic et ses musiques guillerettes. Boujoux Donkey Kong et ses copains animaux trop mignons. Bye bye Tekken et ses combats de poufs drôlissimes. Bonjour cannibalisme dégoulinant, gémissements zombiesques résonants et monstruosités bondissantes. Quelques minutes devant un écran pour des années de cauchemars. Un traumatisme absolu. Enculé de jeu !


Et voilà qu'en 2002, ces raclures de chez Capcom décidèrent d'offrir un lifting à ma Némésis alors que le choc n'était toujours pas digéré. Et le grand frère d'acheter en toute hâte une Gamecube, histoire de remuer le couteau dans une plaie depuis bien longtemps en putréfaction . Enfoiré de frère !
Sauf que, encouragé par quelques poils à la raie et une ridicule fierté d'ado, il était temps de faire face. Retour en Enfer donc. Et quel retour !


Quand la direction artistique atteint un tel sommet dans le grandiose effroyable, quand la bande son terrifiante s'accorde sur une musique insupportablement sinistre et quand le gameplay se fait pute pour maximiser une pression déjà à son paroxysme ; chaque pas est un effort, chaque porte à franchir est une épreuve pour les nerfs. Rien que de mettre le jeu dans la console procure aujourd'hui encore une appréhension, un malaise et un lancinant mal de ventre... Unique.


La grandeur de Resident Evil réside dans la puissance absolue de ses images, dans l'intelligence de sa construction et dans ses mécaniques implacables. Plus encore dans un remake qui tape toujours juste et apporte ce qu'il faut d'innovations pour tenir par les noisettes même le plus aguerri arpenteur de l'ancêtre.
Un éclair qui illumine une silhouette au bout d'un couloir. Un cadavre qui se relève plus en forme que jamais. Une ombre frappant contre un carreau. Un héros enfoncé solidement sur son balais... Absolument terrifiant.


Resident Evil, tu m'as pourri mes nuits.
Je déteste jouer avec toi.
Je te hais.
...


Mais putain qu'est ce que je t'aime !

Mr-Potatoes
10
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes , Les meilleurs jeux avec une héroïne, Les meilleurs jeux de la GameCube, New 30 Days Video Game Challenge et 30 Days Video Game OST Challenge

Créée

le 23 févr. 2015

Critique lue 1.6K fois

Mr-Potatoes

Écrit par

Critique lue 1.6K fois

47
7

D'autres avis sur Resident Evil

Resident Evil

Resident Evil

9

LeChiendeSinope

90 critiques

Le modèle que tous les remakes devraient suivre

Voilà le jeu qui m'a donné envie d'acheter un GameCube. C'est aussi le jeu que j'ai le plus attendu de toute ma vie, je crois. Ce projet de remake, annoncé par Mikami comme une exclusivité pour la...

le 10 juil. 2010

Resident Evil

Resident Evil

10

SirMohawk

43 critiques

Mal Alpha

Nous sommes en 2002, Nintendo sort une nouvelle console de salon bien loin de ses standards actuels. J'entends par là, sans capteur de mouvements ni écran tactile superflu. Une console quoi : pensée...

le 9 oct. 2012

Resident Evil

Resident Evil

9

Floax

226 critiques

La frousse aux trousses

Autant être franc, je suis du genre peureux, et en exagérant un peu je pourrais dire que je me sens légèrement mal à l'aise dans les maisons de Boo dans Mario. Et pourtant j'ai voulu jouer à Resident...

le 29 avr. 2012

Du même critique

Super 8

Super 8

10

Mr-Potatoes

33 critiques

Steven Abrams

Un vrai moment de cinéma ! Abrams fait bande à part. Pas un remake, pas un reboot, pas une suite, pas une adaptation... même pas de 3D. Pour cela, déjà, merci. Hommage donc aux divertissements des...

le 3 août 2011

The Legend of Zelda: Majora's Mask 3D

The Legend of Zelda: Majora's Mask 3D

10

Mr-Potatoes

33 critiques

Aimer et mourir

15 ans plus tard mon cerveau mal irrigué vient enfin de comprendre. Comprendre pourquoi ce Zelda et pas un autre. Comprendre pourquoi c'est un chef d'œuvre intégral. Curieusement, c'est à la fois...

le 27 févr. 2015

Les Indestructibles

Les Indestructibles

10

Mr-Potatoes

33 critiques

Showtime !

Quand Pixar n'enfilait pas encore les poncifs à la chaîne, leur meilleur film suivait une tendance maintenant surexploitée : celle des super héros en tenue plus ou moins saillante. Autant vous dire...

le 5 mai 2011