Ultimate Smash d'amour

Avis sur Super Smash Bros. Ultimate sur Nintendo Switch

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Version Nintendo Switch

Après la sortie de la Switch, Nintendo comble les trous de son calendrier de sorties en alternant productions originales et ressorties des titres parus sur WiiU accompagnées de quelques maigres ajouts. La procédure fait grogner un peu, mais permettent à un nouveau public de découvrir de bons jeux.

Comme toute console de salon Nintendo depuis la N64, la WiiU avait eu droit à son Smash Bros. L’itération était de qualité, mais on pouvait en sentir les limites, la faute à un contenu un peu léger et trop d’attentions pour les joueurs de haut niveau. Nintendo allait-il porter ce quatrième épisode sur Switch, ou partir vers une toute nouvelle version ? Super Smash Bros Ultimate est dévoilé en mars 2018 et apparaît alors comme une version best-of de la série, en reprenant le moteur et les graphismes de la version WiiU. La déception est de mise, mais les annonces successives qui seront faites dévoileront ses nouveautés, au point qu’on peut véritablement le considérer comme le cinquième de la série.

Le système de jeu ne change pas. Il s’agit toujours de combattre un ou plusieurs adversaires pour les affaiblir avant de les éjecter du stage. Ces niveaux peuvent gêner ou aider les joueurs, par exemple en faisant intervenir des éléments mouvants ou agressifs, ou bien être neutres de toute possibilité susceptible de modifier le déroulé du combat. De nombreux objets aux effets tous variés sont aussi disponibles. Malgré quelques modifications à l’intérieur de ces mécaniques, ce Smash Bros reste un jeu de combats vif, qui n’a pas besoin de dizaines de coups et d’enchaînements différents pour proposer un système de progression à la profondeur insoupçonnée lors des premières parties. Le jeu s’appuie sur les graphismes de la version précédente, en plus fins, en gardant son esprit coloré et chaleureux.

L’ambition de celui-ci est de rassembler tous les personnages proposés auparavant, ainsi que la plupart des niveaux. La version précédente en proposait 51 de base, celui-ci en propose plus de 70. Il inclut certains délaissés en cours de route et ceux ajoutés en téléchargement payant dans l’épisode précédent, mais en propose aussi une dizaine de nouveaux. Quelques uns sont des variations de personnages existants, avec une palette de coups légèrement modifiés, mais d’autres sont crées pour l’occasion, avec toujours un effort constant pour ne pas sombrer dans la redite et respecter le personnage en question. Un chiffre déjà impressionnant, auquel s’ajoute des téléchargements payants de personnages provenant de licences extérieures à Nintendo.

Depuis l’épisode Brawl sorti sur Wii, la série a convoqué des univers parfois éloignés avec Sonic et Solid Snake de Metal Gear Solid. L’argument commercial joue pour beaucoup, mais il s’agit aussi de rassembler au sein de la série les figures les plus centrales du jeu vidéo. La série de Nintendo réunissant déjà des personnages hétéroclites, il n’y a rien de bien dérangeant à y voir aussi bien Megaman, Cloud de Final Fantasy VII ou Simon Belmont de Castlevania. Avec un tel casting, la diversité est de mise. Chacun y trouve ses préférés, grâce à un choix large, à la nostalgie ressenti pour tel personnage mais aussi selon les possibilités de chacun.

Cette profusion se retrouve dans le nombre d’arènes, plus d’une centaine, qu’on peut doubler avec une variante sans obstacles, en sachant que le jeu offre aussi la possibilité de combattre sur plusieurs niveaux s'enchainant lors d’une même partie. Malgré quelques absents, comme le regretté mais étrange Pokéflotte, Ultimate absorde une bonne partie des sélections présentes, avec assez peu de nouvelles créations. C’est à ce point foisonnant qu’il faut bien plusieurs heures pour tous les découvrir. Les niveaux reprennent l’univers des créations Nintendo, ainsi que quelques licences extérieures, à la fois en respectant leurs esthétismes mais en proposant aussi des obstacles en lien avec les jeux concernés qu’il faudra user à son avantage. Le souci du détail va jusque dans le nombre de pistes musicales composées spécialement ou reprises d'autres jeux, avec plus d'une dizaine de musiques possibles par stage. La bande son est d'une qualité folle, avec certaines mélodies formidables. De quoi inspirer certains mélomanes comme Sumashu dont la traduction française de l'opening est un petit bijou

Rien qu’en ne se basant que sur les traditionnels affrontements du jeu, sur le canapé ou en ligne, le contenu est gigantesque, demandant non seulement plusieurs dizaines d’heures pour tout appréhender mais aussi pour perfectionner ses personnages préférés et apprendre à jouer face au reste du casting. Les développeurs ont bien compris que chacun pouvait s’accaparer le jeu à sa façon, en proposant enfin d’enregistrer des règles prédéfinies. Tout est paramétrable ou presque, et les différentes possibilités y compris les plus saugrenues donnent le vertige. Avec ses amis, c’est un régal, tant que le niveau de jeu reste assez équilibré. Malheureusement les joutes en ligne sont assez décevantes, la faute à un online défaillant.

Affronter ses amis serait déjà bien suffisant, mais cette version ultime a bien compris les reproches faits au précédent, qui délaissait les modes en solitaire. Le cru 2018 revoit sa proposition, et propose d’ailleurs de jouer à ces modes avec des amis. Il s’agit d’inclure plus de variété, de rompre la monotonie de certains modes. Le mode classique permet de moduler la difficulté selon notre facilité avec tel personnage, tandis que chaque combattant aura des affrontements différents en lien avec son univers.

Cette nouvelle variation utilise notamment les esprits, une fonctionnalité introduite ici et qui remplace le fastidieux système de personnalisation des personnages du précédent. Les esprits sont des personnages de jeux Nintendo ou autres, qui influent sur les statistiques des combattants voire leur apportent de nouvelles compétences, selon lesquels sont équipés. Untel permettra de commencer avec tel objet, ou un autre améliore les sauts. Les possibilités sont nombreuses, mais en plus il est possible de les améliorer ou de les entraîner. Il y en a plus de 1300 à obtenir, certains ne s’obtenant qu’en les affrontant, d’autres en réussissant certains défis, tandis que certains n’apparaissent qu’en en fusionnant plusieurs. Le mode histoire « La lueur de l’âme » manque de rebondissements narratifs, mais en propose une bonne partie, tandis qu’il est possible d’en affronter d’autres dans un mode où la sélection change au bout de quelques minutes.

Ces affrontements entre esprits ne sont pas seulement importants à cause de leurs récompenses, mais aussi parce qu’ils font varier les joutes. Ils utilisent des contraintes bien spécifiques, en termes de temps, d’objets, de santé ou d’éléments du décor ; auxquelles le joueur devra se plier ou contourner en équipant certains esprits. Avec ces règles particulières, le nombre élevé de personnages et de décors, chaque affrontement est suffisamment différent pour varier les plaisirs.

Cette réorganisation pousse malheureusement certains modes traditionnels de la série vers la sortie, à l’image du mode Cibles. Ce dernier demandait à chaque personnage de toucher toutes les cibles d’un stage précis, ce qui nécessitait de bien connaître chaque combattant. Il permettait de s’entraîner mais était aussi une agréable recréation.

Super Smash Bros. Ultimate est solide, vif et toujours fringant, un régal à jouer, un incontournable des meilleures soirées ou des parties en solo. Un an après, je m'amuse toujours autant, toujours prêt à relancer une petite partie, parfois en découvrant un point du jeu qui m'avait échappé. Il ne convaincra pas ceux qui n’aiment pas la série, les fous, mais il offre une porte d’entrée assez souple dans son univers pour les débutants, tandis que les connaisseurs apprécieront l’ampleur de son contenu. Il a tellement de choses à nous proposer qu’on peut lui pardonner certains manquements et d’autres omissions, le jeu étant bien plus qu’un best of. Cette version se positionne non seulement comme un incontournable de chez Nintendo, mais aussi du jeu video. Au delà de ses qualités propres, il rassemble plusieurs décennies d’histoire du jeu vidéo. Il assume moins son côté musée que dans les précédents, mais continue à unir différentes licences pour le plaisir de la castagne.

Comment faire mieux après celui-là ? Nintendo continue de l’enrichir avec de nouveaux personnages, des nouveaux esprits et parfois quelques modes en plus, mais il faudra bien penser à la prochaine version, qui aura un sacré enjeu à relever.

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