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The Last of Us sur PlayStation 3 par JulieFtis

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Test publié par le (modifiée le )
Version PlayStation 3

Le Survival-Horror, c'est un genre que j'adore même si je l'appréhende toujours. Je n'ai aucun sang-froid, aussi je prends davantage plaisir à suivre l'histoire qu'à réellement jouer. Cela étant dit, The Last Of Us était clairement vendu comme un titre incontournable et proche de la perfection alors j'imaginais l'expérience plus digeste qu'à l'accoutumée sur le plan pratique.
L'histoire m'intéressait aussi. Classique, mais basée sur le relationnel. Un post-apo sensible où un vieux warrior guide et protège une noob des zombies et des charognards du futur. Un mélange entre Ico et True Grit quoi. Oui je mixe les jeux et les films c'est nouveau.

Mais lorsque j'ai terminé The Last Of Us, c'est au dernier Tomb Raider que je n'ai pas pu m'empêcher de le comparer. Non pas que le titre de Square soit ma référence dans le genre (quoique...) mais je trouve qu'il y a des éléments transférables de l'un à l'autre, et The Last Of Us y aurait beaucoup gagné.

Mais commençons par le commencement, et Ô surprise, on ne joue ni Joel ni Ellie (ben non, elle est pas née encore, Captain Obvious) mais Sarah, la fille de Joel. Petite scénette assez prenante qui rappelle tous ces films hollywoodiens où le héros est toujours le dernier informé de la situation critique qui chamboule le monde. Mais au travers de ses yeux vous ne serez que simple spectateur, car Joel prend rapidement les choses en main et l'interaction commence alors que tout pète autour de vous. Un drame se produit, et générique (encore une fois un élément très hollywoodien) où défilent les infos affolées des médias sur une mystérieuse contagion. Crise mondiale, et POUF vous voilà 20 ans plus tard en passeur chelou dans un blocus de Boston. Un groupe dissident, les Lucioles, vous chargent de trimbaler une gamine d'un point A à un point B. Vous acceptez, à contre-coeur, cette petite réveille trop de douloureux souvenirs... Sauf qu'au fil de l'aventure, vous devrez finalement aller au point C, puis au D, etc... Une fuite en avant qui transforme ainsi le trip claustro en un inattendu road movie dans l'Est des feu-Etats-Unis d'Amérique.

Après une partie en Normal, voici mon ressenti habituel Thèse+antithèse+synthèse...

Les + :
- Une bonne durée de vie. C'est pas légion donc ça fait plaiz.
- Ellie est attachante car intelligente et dégourdie. Presque dénuée de peurs, elle s'avère être très complémentaire de Joel et vous aurez l'occasion de la jouer lors de séquences assez rafraîchissantes. Par la force des choses, elle devra de plus en plus se défendre seule et tuer pour rester en vie. Comme dans Tomb Raider.
- La musique, sobre et juste, est une ode à a solitude. Nul besoin d'en faire plus.
- J'ai trouvé les infectés assez flippants. Les plus frais ont l'attitude d'aliénés plus que de zombies, ils poussent des cris, gémissent, sursautent, grognent... Quant aux faces de chou-fleur, ils sont certes moins effrayants mais peuvent vous one-shot si vous ne les gardez pas à distance. Bref ça change un peu du bestiaire habituel parfois trop fourni et trop exubérant.
- C'est beau. Pas besoin d'en faire un patacaisse là non plus, les environnements sont léchés (comme dans Tomb Raider) et s'en dégage une certaine poésie. C'est la force du jeu qui n'a pas besoin de ses dialogues pour nous faire comprendre que, sans l'omniprésence de l'Homme, la Nature peut s'épanouir et que c'est vachement plus mieux, m'voyez. Pis c'est joli, les girafes.
- L'alternance entre les chasseurs et les infectés apporte une richesse dans le gameplay, car leurs forces et leurs faiblesses sont très différentes. Et si vous faire les premiers relève du classique, les seconds nécessiteront un peu plus de finesse puisque leur degré d'infection détermine la manière dont vous devrez les approcher et la manière dont il faudra vous en débarrasser : les plus faibles ont une bonne vue tandis que les plus forts ont une bonne ouïe. A vous donc de savoir quand la jouer fine et quand foncer dans le tas... même si cette dernière option est rarement la meilleure. (grr dommage j'aime bien bourriner)

Les - :
- Joel est l'archétype de l'ours mal léché, le gars au lourd passé qui ne veut plus s'attacher pour ne plus souffrir. Cela en fait quelqu'un d'ultra prévisible. Pas assez profond à mon goût, trop facile à cerner.
- Le système de craft est ultra-redondant. Les améliorations d'objets à peine perceptibles. Et les améliorations de compétences sacrément inégales. Booster sa barre de santé c'est top, à contrario qu'est ce que je m'en fous de pouvoir crafter un quart de seconde plus vite ??
- Trop d'armes différentes. Certaines, intéressantes dans le principe, ne seront exploitées à leur juste potentiel qu'une fois en tout et pour tout (exemple : vous récupérez un lance-flamme, SUPER. Ca tombe bien ya une horde qui débarque et vous êtes acculé. Mais après vous en faites quoi ?). Il aurait été préférable d'avoir moins d'armes mais davantage d'améliorations-maison pour les munitions. Comme dans Tomb Raider. Ou bien de devoir choisir entre tel et tel tromblon, de pouvoir jeter ceux qui ne vous intéressent pas pour récupérer davantage de munitions pour les autres, ou de vous retrouver avec des armes à durée de vie limitée comme pour la mêlée... Histoire de ne pas vous paumer dans l'inventaire.
- Pas de gestion de la faim ni de la fatigue. Pour un Survival qui se veut réaliste dans la pratique, c'est dommage que la bouffe ne serve qu'à booster un tantinet sa barre de vie. Baser davantage le challenge sur la santé de votre personnage plutôt que sur le nombre d'opposants aurait pu être sympa.
- La petite séquence de chasse (à la Tomb Raider) aurait gagné à être mieux exploitée, voire répétée.
- Le cycle Explo-Chasseurs-Explo-Infectés-Explo. Parce que je n'ai pas eut l'impression d'être suffisamment encouragée à la contemplation (à l'exception de la chevauchée aux alentours de l'Université, où Joel et Ellie pourront enfin papoter un peu).
- La fin, prévisible dès les prémices du jeu, n'offre aucun dilemme moral au joueur. Dans un sens, j'ai du mal à condamner Naughty Dog pour cela car ils voulaient clairement montrer la supériorité des sentiments sur le devoir. L'affectif est-il une tare en période de crise ? Vous avez 2h.
Peu importe la dureté du monde dans lequel vous vivez, ce qui importe c'est avec qui vous êtes. Sortez les mouchoirs ! ...Nan c'est chouette, néanmoins j'aurais apprécié une fin alternative lorsqu'on se ferait tuer dans le rush final et pas un simple Try again. Laisser le choix au joueur de PERDRE, ça ce serait inédit.
- J'ai terminé ce jeu le 5 Décembre, soit pas mal de temps après sa sortie, et il y avait encore des bugs bloquants. Je peux vous assurer qu'il est extrêmement frustrant d'avoir un freeze chaque fois qu'Ellie saute sur un garde dans sa mission solo (super pratique sachant que c'est clairement une mission d'infiltration où les actions sont limitées, ça pardonne pas).

En clair, une expérience mitigée pour moi bien que globalement positive. Ce n'est pas le coup de coeur mais j'avoue que cet univers m'a imprégné par sa beauté et sa sensibilité. Et certaines séquences sont assez poignantes, cruelles, marquantes. Et si ma note est aussi élevée en dépit des points négatifs que j'ai soulevé, c'est parce que, étonnamment, les bons jeux ne sont pas forcément les plus fun à jouer. Ici il est question de rester en vie dans un monde horrible, la progression est donc pénible et les instants de répit salvateurs.

(NB :Je n'ai pas encore testé le multi, je n'aime pas trop le PvP. Je ne peux donc juger de sa valeur)

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