Mon épopée Zelda - Episode 5 - Déception transcendée

Avis sur The Legend of Zelda : Majora's Mask 3D sur Nintendo 3DS

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JE T'ARRÊTE TOUT DE SUITE, MAJORA'S MASK EST UN JEU INCROYABLE, ALORS CALMES-TOI ET ASSIEDS TOI TRANQUILLEMENT CA VA BIEN SE PASSER !!!

Voilà bien un morceau compliqué avec ce Majora's Mask. Pour plusieurs raisons. Tout d'abord je l'ai commencé il y a de ça des années, alors que je venais de finir Ocarina of Time sur l'émulateur installé sur le pc de mon frangin, ça doit faire maintenant une petite dizaine d'années, ça nous rajeunit pas. A l'époque j'ai du y jouer peut être deux heures, grand max. Et faut dire que à l'époque, je ne comprenais absolument RIEN à ce qui se passait. Y avait Link enfant et Epona, donc très certainement une suite de Ocarina of Time, mais, cette forêt, ce brouillard, l'arrivée de Skull Kid, il se dégageait de tout ça une ambiance qui me mettait profondément mal à l'aise. Mais qu'importe, je progresse, et là, transformation en peste Mojo. Et rien qu'avec ça, je peux dire que, déjà, j'étais dans l'incompréhension la plus totale, à base de « Mais attends, il est passé où Link ??? On va faire tout le jeu comme CA ??? », mais j'étais également quelque peu en PLS. Et puis je continue à jouer, tentant tant bien que mal (plus mal que bien, à vrai dire) de surmonter ça, mais je ne comprends rien à rien de ce que le jeu attend de moi. J'utilise donc la technique du grand-frère pour me débloquer, et ainsi, sans que je comprenne comment, ni pourquoi, Link revient, frais comme un gardon, tel qu'on le connaissait. Puis je vois qu'on a un masque de peste mojo que l'on peut enfiler, ce que je fit. Et la scénette qui se joue à ce moment là m'avait teeeeellement traumatisé et dérangé que je décidais aussitôt de désinstaller la rom et de ne plus jamais toucher à ce jeu du démon. Voilà qui est dit.

Cependant, les années passèrent, ma culture vidéoludique s'élargit, Silent Hill 2 était passé par là, j'avais finalement eu vent de la réputation folle de ce Majora's Mask dont un remake fraîchement annoncé devait venir dépoussiérer ma 3DS. Je me suis dit, allez, c'est le moment où jamais de régler mes comptes avec ce jeu, et de ne pas rester sur un échec aussi cuisant que cet abandon des années plus tôt. Le jeu sort donc, je me l'achète rapidement, aussitôt que possible sans que cela ne compromette ma réussite au bac (eh oui, c'était cette année là). Un jeu incroyable qu'on me disait, le meilleur épisode 3D, voire le meilleur Zelda tout court, une richesse insoupçonnée. C'est avec ce type d'idées en tête que je lance le jeu sur ma 3DS. Dès lors, première victoire personnelle, cette introduction ne m'effraie plus (en même temps, passer deux ans et demi après Silent hill 2... voilà quoi.), et surtout, je parviens à comprendre quoi faire, ce qui se passe, le concept du jeu finalement. Aussi, je n'allais pas en rester là, et je saute forcément à pieds joints dans l'aventure... Et là, c'est le drame. Je n'apprécie pas le jeu. Ou plutôt, me revoilà plein d'incompréhension une fois encore. Mais pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a de spécial ce con de jeu ? Pourquoi tout le monde en fait tout un foin ??? Ca, meilleur qu'Ocarina of Time ? Telles étaient les questions que je me posais constamment dès lors que j'empoignais ma 3DS pour jouer au jeu. La déception était totale, le jeu partait dans tous les sens, et surtout presque tout sentait le réchauffé, le déjà-vu, déjà-joué. Du gameplay, aux musiques, en passant par les personnages, pas une once d'originalité. Tout ou presque était repris d'Ocarina of Time. Et j'enrageais de ne décidément pas comprendre ce qui faisait de ce titre une expérience incroyable. Je ne parcourais plus le jeu pour en venir à bout, mais simplement pour comprendre. Pour vous dire, je passais mes sessions à fredonner « Je veux savoiiiiir, montres-moiiiiii » En fait, avec le recul, je pense que j'avais parfaitement conscience de tous ces éléments qui rendaient le jeu culte. J'avais simplement besoin d'un truc, ce petit truc qui n'a l'air de rien, et qui peut lancer la machine à lui seul. Et c'est finalement, après avoir affronté le boss poisson du temple de l'eau, et après être arrivé à la dernière zone du jeu, la vallée Ikana, que j'ai compris.

J'avais eu le déclic. Dès lors, tout ce qui me faisait pester au préalable me laissa rempli d'admiration, dès lors le principe du jeu m'apparut évident, dès lors je ressentit viscéralement que j'étais face à un de ces jeux qui comptent. Un de ces jeux qui font avancer le jeu-vidéo. Un de ces jeux qui laissent une marque gravée au fer rouge dans l'esprit et dans le coeur des joueurs. Et pour pleinement parvenir à expliquer, je me vois contraint de raconter un événement qui se produit dans le dernier quart du jeu, donc ça va spoiler, vous voilà prévenus, vous pouvez revenir pour la conclusion en dernier paragraphe. Me voilà donc à débarquer à la vallée d'Ikana, un environnement aride et désertique, peuplé par les monstres momifiés, et autres fantômes. Au milieu de ce merdier, vit une petite fille qui garde un terrible secret enfermé dans sa grange. En tant que héros de RPG nous lui venons donc en aide, résolvant son problème, et obtenant par la même un item qui va nous aider à progresser. Le temps passe, et je dois déjà rembobiner pour partir sur une nouvelle boucle de trois jours (oui c'est un peu le principe du jeu, pour ceux qu'ont pas suivi). Et c'est alors que je reviens à la vallée, et que je constate avec tristesse, que la petite fille n'est plus tirée d'affaire, que son problème est revenu, et que comme je n'ai pas le temps de l'aider et de continuer d'avancer dans mon aventure, je dois la laisser là, livrée à elle même dans un environnement peuplé par la mort. Et à ce moment EXACT, ça fait boum dans ma tête, je comprends la portée de mon périple, et la vanité de mes actions m'explose en pleine gueule. A ce moment je pose ma console sur mon bureau, et reste assis tout con et tout couillon sur mon siège. C'était la première fois de ma vie que je me retrouvais impuissant dans un jeu d'aventure, et autant dire que ça a fait mal, très très mal, et probablement bien plus que je ne veux bien l'admettre. Je prends conscience que la totalité de ce que j'ai accompli depuis le début du jeu n'a servi à rien. A ce moment là, pour la première fois dans un jeu, je me pose la question « A quoi bon ? », « Pourquoi est-ce que je me bat, contre quoi ? » Je ne sais pas si je réussis à bien vous faire comprendre le vide existentiel (n'ayons pas peur des mots) que ce con de jeu a réussi à créer en moi simplement par le biais de cette petite fille seule dans la vallée, mais j'insiste, ce moment m'a complètement bouleversé, et je pèse mes mots. J'ai tout de même poursuivi le jeu (et j'ai bien fait, loul), mais plus rien n'était pareil, tout ce monde me semblait figé, fonçant inexorablement vers sa fin, comme condamné. Condamnation inéluctable parfaitement symbolisée par cette lune effrayante, visible à tous moments dans le ciel, menaçant de nous écraser, rappel constant de la fatalité contre laquelle nous luttons tous.

Si Wind Waker fut pendant longtemps mon épisode préféré de la saga Zelda, maintenant, il m'apparaît évident que ce titre revient à Majora's Mask. Car ce jeu a eu le même type d'impact sur moi que Silent Hill 2 à l'époque. C'est un de ces rares jeux qui a réussi à dépasser son statut de jeu-vidéo, pour créer une réflexion profonde et une émotion incroyable au sein des joueurs. Et il reste à ce jour le seul jeu qui m'ai fait me demander « A quoi bon ? Quel est le sens de ma quête ? » Bravo, Majora's Mask, tu es probablement le meilleur de ta licence, et définitivement un des Grands du Jeu-Vidéo !

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