La conclusion parfaite

Avis sur The Witcher 3 : Wild Hunt sur PlayStation 4

Avatar Flibustier_Grivois
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Version PlayStation 4

Après m’être fait chatouiller les noix par un insecte magique créé par ma chère et tendre, j’ai pu me venger en me régalant de sa jolie lingerie. Yennefer étant tout sauf prude, je la regardais plus que je l’écoutais. Elle m’expliquait patiemment qu’il était temps pour moi de sortir et d’aller explorer le monde, en commençant par un petit tour au terrain d’entraînement de Kaer Morhen [château fort des sorceleurs]. J’allais donc retrouver ma petite protégée, Cirilla dite Ciri, qui profitait de la sieste de son entraîneur, de mon maître, Vesemir, pour s’amuser...à sa manière. Nous en profitâmes pour une petite remise à niveau avec un entraînement d’élite pour être prêt à affronter correctement les dangers du monde [difficulté marche de la mort]. Vesemir me rappela à cette occasion que ma condition de sorceleur émérite mondialement connu, répondant aux différents surnoms tels que Loup blanc, Gwynbleidd ou encore Le Boucher de Blaviken, ne me protégerait pas sans un rigoureux et perpétuel entraînement.

À cette occasion, je pris vite conscience de l’exigence des combats qui m’attendaient. Une épée en argent pour les monstres et une épée en acier pour les autres me rappelaient mes premières pérégrinations dans cet univers [The Witcher, 1er du nom] et la nécessité absolue d’utiliser la bonne arme contre chaque ennemi sous peine de finir démembré dans un fossé. Fort de quelques minutes à mouliner et à me mouvoir autour de ma cible d’entraînement, je m’attelai à me familiariser avec l’art de la défense. L’on dit souvent que la meilleure défense est l’attaque... Dans ce monde, rien n’est plus erroné. Dans mon monde, si je veux survivre, il me faut savoir fuir ou esquiver. Alors je me suis rappelé comment esquiver au mieux, tantôt à l’aide d’une roulade [touche croix] tantôt à l’aide d’un rapide pas de côté [touche rond]. La première est gourmande en vigueur et est à privilégier lorsque l’on veut marquer la distance avec l’ennemi. La seconde permet de rester au contact face à un adversaire que l’on maîtrise, sans coût en vigueur. Mais qui dit contact dit coups à encaisser. Là est essentiel de maîtriser l’art de les encaisser [touche L2 enfoncée], voire, lorsque la situation s’y prête, l’art de les contrer [touche L2 pressée]. Le timing pour le contre est serré et se prête essentiellement aux humains et non-humains, comprendre les nains, elfes etc... Un contre bien placé peut permettre de prendre l’avantage dans un combat mal engagé à une vitesse fulgurante. Mais pour l’emporter, il faut surtout savoir apprivoiser l’art des arcanes. Chaque signe a son intérêt : l’un pour brûler un ennemi, l’autre pour créer un bouclier protecteur, un autre permet de prendre possession de l’esprit de l’adversaire tandis qu’un autre le fait chanceler sous le coup d’une onde de choc quand le dernier permet de piéger une zone pour y affaiblir l’ennemi. Enfin, quelques bombes me permettent de faire du gros dégât rapidement. Une fraction de seconde me permet de naviguer entre ces différentes aptitudes [touche L1 enfoncée] et faire mon choix tandis que l’ennemi continue de fondre sur moi [sorte de pause active]. La prise de décision doit être rapide et c’est pourquoi je dois non seulement bien connaître mon adversaire mais également maîtriser l’art du combat.

Puis, je repris contact avec la réalité, avec le présent. Ce souvenir d’entraînement me sembla bien lointain. Nous n’étions plus à Kaer Morhen. Ciri était je-ne-savais-où, Yennefer avait disparu et était apparemment en danger. Je la traquai avec Vesemir avec pour seules pistes une lettre qu’elle m’avait envoyée et les traces de son passage. Yennefer semblait en mauvaise posture et je n’avais d’autre choix que de la poursuivre.

Après avoir décidé de nous rendre à Blanchefleur, Vesemir et moi nous sommes faits attaquer par cinq goules, l’occasion de mettre en pratique les enseignements acquis durant mon entraînement. Et là, je pus mesurer à quel point l’épreuve du monde à traverser s’annonçait coûteuse en énergie et en temps. Profitant de la présence de Vesemir, toutes les goules ne m’agressaient pas en simultané. Malgré tout, gérer les masses s’avérait compliqué. Les engeances bouffeuses de chair putréfiée étaient vives et faisaient mal. Il fallait se montrer patient, méthodique et calculateur. Chaque tentative de coup porté était une occasion pour l’ennemi de m’arracher la tête... Littéralement ! Je compris vite [après deux morts, hum...] que mon salut viendrait de la magie. Un bouclier qui encaisse un coup, c’est de la vitalité préservée. Le feu ne leur faisait pas très mal mais aidait et surtout permettait de les garder à distance. Je réussissais progressivement à isoler ces horreurs et à les expédier dans l’au-delà en ne manquant pas de finir sur un démembrement de toute beauté. Les pas de côté dans le bon timing m’avaient permis de danser avec les ennemis et d’esquiver un grand nombre de coups. Pourtant, je n’avais déjà presque plus de vitalité. Je devais donc me résigner à manger quelques morceaux de viande pour récupérer un peu, sous peine de mourir à la prochaine mauvaise rencontre...qui ne tarda évidemment pas à arriver. La région semblait hantée par un griffon royal qui en terrorisait les habitants. L’animal un brin troublé par notre présence préférera toutefois s’enfuir avec le cheval d’un marchand plutôt que de nous attaquer. Grand bien me fasse, je ne me sentais pas prêt à l’affronter celui-ci.

Arrivés à Blanchefleur, Vesemir et moi nous sommes séparés à la taverne et je décidais d’aller explorer les alentours. Cette petite zone promettait de nouveaux entraînements bénéfiques et des rencontres intéressantes. Ma carte de la zone était particulièrement lacunaire mais quelques points remarquables y étaient référencés [des points d’interrogation]. Que ce soit des nids de monstres à détruire, des camps de bandits à exterminer, des pierres de pouvoir où me recueillir ou juste des zones à visiter, j’avais de quoi faire. Quelques quêtes secondaires faites çà et là me permirent d’engranger de précieux points d’expérience. De temps en temps, je gagnais suffisamment d’expérience pour apprendre ou développer une nouvelle compétence. Les pierres de pouvoir me garantissaient à coup sûr de pouvoir développer ces compétences.
Petit à petit, je m’améliorais. Je finissais par développer de nouvelles stratégies. Une prise de possession sur un ennemi isolé et je le tranchais tout net avec un minimum de risques. Lorsque les ennemis restaient unis, je les harcelais en les attaquant, en fuyant et en les attaquant de nouveau, sans cesse. J’apprenais à élaborer des stratégies et à prendre le temps de me poser [sauvegarder] avant de passer à l’attaque. Des passes d’arme contre des ennemis plus puissants que moi ou contre des monstres énormes comme des ours m’obligeaient à ne jamais relâcher mon attention sous peine de me faire corriger. Quelques relâchements faillirent entraîner ma perte [et entraînèrent quelques décès].
Après avoir accepté un contrat, je me retrouvais à devoir rendre sa tranquillité pour l’éternité à un démon de midi. Une petite enquête rafraîchissante me permit de refaire l’histoire de la pauvre âme torturée. Alors débuta un combat plus complexe que la moyenne. Il me fallut pièges magiques et huiles contre les spectres pour réussir à mettre un terme à ses agissements.

Mais c’est après avoir interrogé un capitaine de la garde nilfgaardienne que je compris que mon enquête sur Yennefer n’avancerait pas tout le temps que je n’aurais pas déplumé ce fameux griffon royal que j’avais déjà fait fuir. Après quelques heures de préparation, je finissais par me lancer à sa poursuite, armé d’une meilleure épée que je venais de crafter, d’un stock de potions pour soigner ma vitalité [Hirondelle] et mes dégâts [Tonnerre]. Après que Vesemir m’ait offert une arbalète, nous nous jetâmes sur la bête.
L’affrontement fut terrible. Rapidement, je prenais le dessus et après un essai raté [une mort], je faisais fuir le volatile plus loin, blessé. Mais c’est alors que le véritable combat démarrait. Chaque envol de sa part se soldait par un carreau bien placé pour le faire choir à mes pieds. Armé d’un bouclier magique et galvanisé par ma potion Tonnerre, je pouvais alors me jeter sur lui et le marteler de coups. Mais toujours je devais me contrôler et ne pas être trop gourmand. Jouer la sécurité était primordial et chaque coup encaissé nécessitait de recharger le bouclier pour me protéger du prochain. Mes nombreuses tentatives [au moins huit] finirent par aboutir à la mort de la bête. Dans un dernier effort, je la terrassais et récoltais mon premier trophée qui se matérialisait par la tête de l’animal que je pouvais exhiber à cheval. Galvanisant!
Ce fut un véritable soulagement. Je sentais que j’avais accompli quelque chose de spécial. Je ne terminais pas trop mal en point, mais j’avais dû guerroyer comme un beau diable pour que la bête cède. Un profond respect pour elle et une tristesse infinie m’emplissaient le cœur. Car si je pouvais être fier de ce que j’avais accompli, je n’oubliais pas que c’était la bêtise humaine, comme toujours, qui m’avait conduit à éliminer une si majestueuse créature. Malgré tout, j’allais retrouver le capitaine de la garde et lui jetais aux pieds la preuve de ma victoire. Il m’indiquait alors que ma bien-aimée se trouvait à une journée de marche, à Wyzima. Mon enquête pouvait continuer.

De retour à l’auberge de Blanchefleur, après une petite partie de Gwynt [jeu de cartes addictif] pour me détendre, je fus happé par un conflit qui opposait Vesemir à des paysans qui s’en étaient pris à la tavernière. Et Yennefer apparut... L’aventure ne faisait que commencer.

[Ce petit billet ne fait que survoler le prologue qui m’a tout de même occupé une vingtaine d’heures... Ce qui choquera chaque joueur habitué aux productions actuelles, c’est l’immensité du monde. À la fin du prologue, on accède à la première des deux grosses zones du jeu. Et on prend une grosse tarte dans la gueule, tellement celle-ci est étendue et truffée d’endroits à visiter. Je me suis retrouvé perplexe à me demander où aller. Bien sûr, il y avait le curseur de la quête principale... Mais pourquoi y aller tout de suite quand un monde si vaste me tendait les bras ?
La petite déception est venue de la difficulté, finalement très gérable dès le prologue passé et quelques potions et huiles fabriquées. Le jeu doit vraiment être fade en normal. Ne vous laissez pas rebuter par la difficulté, commencez l’aventure au moins en difficile pour qu’il y ait un minimum de résistance. Soignez vos approches, sauvegardez, préparez des soins, variez vos attaques pour trouver celles qui fonctionnent, allez lire les informations dans le bestiaire, rien ne vous résistera très longtemps.
Si vous êtes familier de l’univers de Geralt, je ne vous apprendrai rien. Dans le cas contraire, sachez que vous allez rencontrer dans ce jeu une galerie de personnages tous plus intéressants les uns que les autres. L’écriture, remarquable et saluée de toutes parts, n’a souffert d’aucun défaut ou temps mort jusqu’à maintenant. Je ne me suis jamais ennuyé en suivant les dialogues ou en lisant des documents. Le jeu réussit l’exploit d’être toujours juste et captivant.
L’aventure est un véritable plaisir et, si vous êtes du genre à jouer lentement comme moi, vous en prendrez pour des mois. Je publie le test en sachant que je n’en verrai pas le bout avant très longtemps. Néanmoins, je considère qu’il n’y a pas besoin de finir ce jeu pour en faire ressentir le plaisir de la découverte.
J’ai noté une technique parfois capricieuse, mais mon expérience de jeu n’en a jamais été altérée, à l’exception peut-être des menus un peu lent à charger.

Si vous n’y avez toujours pas goûté, peut-être cet avis vous y incitera... En tout cas, il y a bien peu de chances que vous en ressortiez déçu tant CDProjekt a soigné sa dernière œuvre. Je me fais parfois la réflexion d’être heureux d’avoir acheté un jeu en neuf dès sa sortie, car cet achat récompense le travail du studio. The Witcher 3 fait indéniablement partie de la liste de ces jeux].

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