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Avis sur Wonder Boy : The Dragon's Trap sur Nintendo Switch

Avatar Aurablade
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Version Nintendo Switch

Disclaimer : J’ai découvert le jeu avec le remake, difficile de vivre la chose comme quelqu’un qui a joué au jeu il y a 28 ans, ça me semblait important de le préciser.

Alors que le jeu de plates-formes a tendance à vouloir se réinventer le plus possible sur la scène indé, le studio Lizardcube a décidé de faire subir une refonte intégrale à Wonder Boy: The Dragon’s Trap, sorti sur Master System en 1989. Quasiment 30 ans après la sortie de l’original, le jeu profite de nouveaux graphismes ainsi que d’une bande-son réorchestrée. On peut toutefois se demander si le jeu tient la route aujourd'hui, sachant que le gameplay et les niveaux n’ont pas bougé d’un poil. Du coup, difficulté à l’ancienne et possible manque d’indications pour les nouveaux joueurs qui risquent de se perdre rapidement s’ils ne fouillent pas assez. Le pari du studio français n’était pas forcément gagné d’avance, sortir un jeu de plates-formes de l’époque Master System aux côtés de monstres comme Shovel Knight ? Voyons voir si Wonder Boy est capable de merveilles.

Donjons & Dragons

Armé(e) de votre épée et de votre meilleur bouclier, vous vous lancez à l’assaut du château du mecha-dragon qui sème la terreur à Monster Land. Malheureusement, une fois la bête pourfendue, une terrible malédiction s’abat sur vous, et vous voilà changé(e) en gros lézard bipède qui crache du feu. Alors que vous auriez tout simplement pu vous la couler douce sur la plage en vous grillant des merguez à moindre coût, vous décidez de vous lancer à l’aventure pour regagner votre apparence d’origine en passant sur le corps de tous les dragons que vous trouverez.

À chaque fois que vous viendrez à bout d’un de ces boss, vous changerez à nouveau d’apparence et d’aptitudes. Le monde dans lequel vous évoluez n’étant qu’une seule grande aire, ce sont les nouveaux pouvoirs débloqués de cette façon qui vous ouvriront de nouvelles portes. Un constat se fait donc rapidement du côté du game-design et du level-design, c’est réussi et toujours en accord avec les standards d’aujourd'hui. Chaque zone est minutieusement réalisée, et les zones secrètes poussent le vice avec des sauts millimétrés et des défis parfaitement adaptés aux pouvoirs de votre personnage.

Au total, six héros différents vous seront accessibles au fur et à mesure de votre avancée, chacun ayant sa spécialité. Le lézard crache du feu, le lion peut frapper le sol, le faucon peut voler… En retournant sur vos pas avec d‘autres personnages, vous découvrirez des boutiques et des améliorations cachées qui participeront grandement à votre avancée, surtout si vous jouez en difficile. En effet, le jeu garde toute sa difficulté d’origine, étant donné que le jeu n’a changé (presque) qu’en surface. Et si certains penseront que le poids des années se fera ressentir, il n’en est rien, et tout le monde s’y retrouvera, même les plus jeunes pour qui le mode facile sera une bénédiction tant le jeu peut être dur. Pour les plus courageux, vous pourrez jouer en difficile, ou sans améliorations. Les pièces d’équipement influent beaucoup sur les dégâts infligés et reçus, et même si ça peut sembler minime, une meilleure épée ou un bouclier plus solide pourront vous débloquer en cas de problème. Finalement, le jeu a beau être court, il possède tout de même une rejouabilité notable étant donné que vous passerez facilement à côté de ses secrets.

Remake-up

“Putain qu’est-ce que c’est beau”. Difficile de ne pas prononcer cette phrase au moins une fois lors d’une partie sur Wonder Boy. Tout est dessiné à la main, du décor aux ennemis en passant par les boules de feu. Par conséquent, chaque frame est une véritable œuvre d’art. Tous les sprites possèdent des animations détaillées et rendent l’action fluide et agréable à l’œil. Chaque écran semble sortir d’un comics, tant le contraste entre les sprites et les décors est nul. Tout s’emboîte dans une symphonie de couleurs et d’effets de lumière, et une simple pression de bouton suffit à repasser le jeu dans sa version originale instantanément. De même pour la bande-son qui profite d’un orchestre pour toutes ses pistes et effets sonores. Par conséquent, vous pourrez profiter de la version Master System quasiment inchangée, pour découvrir le jeu autrement ou par nostalgie pour les plus âgés. Pour profiter encore plus du travail artistique accompli sur le jeu, le jeu possède également une galerie d’images et de vidéos, remplie de concept-arts, d’artworks sublimes et d’enregistrements live pour la bande-son. Pour le coup, l’admiration est de mise, car on fait face à ce qui se fait de plus beau en matière de jeux vidéo 2D aux côtés des jeux de Vanillaware. Pour les fans de la première heure, vous pourrez même utiliser vos codes de sauvegarde afin de retrouver votre partie dans l’état, de quoi faire briller les yeux des concernés. On est par conséquent totalement à la frontière entre le portage et le remake, tant les deux jeux sont similaires dans le fond, et tant le changement se trouve uniquement dans la forme. Bien évidemment les quelques bugs de l’époque ont été corrigés, et on ne trouvera aucune autre différence, même les yeux bien plissés.

Conclusion

Si vous voulez faire plaisir à vos rétines et profiter d’un vrai jeu rétro inchangé tout en restant parfaitement jouable, vous pouvez foncer sur Wonder Boy. Même si il est difficile de passer plus de cinq heures sur une première partie, il est plus qu’aisé de relancer le jeu pour une partie rapide, ou pour retrouver toutes les pièces d’équipement. Le travail accompli par Lizardcube est exceptionnel, et la patte graphique unique du jeu ne peut que faire rêver d’autres remakes aussi soignés (imaginez Mickey Mania cinq minutes). À moins d’être allergique aux jeux de plates-formes où à la couleur et la bonne humeur, Wonder Boy : The Dragon’s Trap est une valeur sûre pour tous, et même une bonne idée de jeu pour les plus jeunes qui traverseront Monster Land aux côtés de Wonder Boy et même Wonder Girl, ajoutée pour l’occasion.

Plus :
Sublime, un bonheur pour les yeux et les oreilles.
Un level-design au poil appréciable même aujourd'hui
La galerie bonus pour ceux qui en veulent plus
Les secrets et les difficultés pour la rejouabilité
Moins :
Aussi court que le jeu d’origine, moins de cinq heures pour une partie
Le game-design de l’époque qui risque de frustrer les nouveaux joueurs

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7 apprécient

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