A Monster’s Expedition m’a d’abord franchement plu.
J'ai eu ma petite folie des Sokobans et j'avais beaucoup d'attente sur celui-ci! Il y a quelque chose de très attachant dans sa proposition. Cette petite créature maladroite, ce monde en îlots, cette façon très douce de t’inviter à réfléchir sans jamais te mettre la pression. Et surtout, il y a cette idée géniale en toile de fond. Les monstres qui étudient les humains comme des vestiges archéologiques, avec un humour pince-sans-rire, des panneaux absurdes et des commentaires délicieusement ironiques. Sur ce plan-là, le jeu m’a vraiment séduit. J’ai souvent souri, parfois même ri, tant certaines blagues sur notre civilisation tapent juste.
J'aime même eu la bonne idée de partager ça a ma copine tellement que j'ai pu être très client du style d'humour.
Manette en main, les premières énigmes fonctionnent bien.
On est sur un sokoban très lisible, très propre, où l’on pousse des troncs, où l’on apprend doucement les règles, presque sans tutoriel. C’est élégant, apaisant, et l’exploration non linéaire donne l’impression d’une grande liberté. On se dit qu’on va flâner, résoudre des puzzles à son rythme, revenir plus tard si besoin. L’intention est belle, et elle est sincère.
Mais assez vite, quelque chose se grippe.
Les arènes sont minuscules, enfermées, presque étouffantes. Rendant alors le monde ouvert très austère dans son exploration... Chaque puzzle se résout dans un espace très restreint, avec des solutions qui finissent par se ressembler. Le jeu introduit bien de nouvelles idées, mais trop timide pour déployer une bonne variété des cas et toujours à l’intérieur de ce même cadre étriqué. Résultat, au bout de quelques heures, j’ai commencé à ressentir une vraie lassitude.
Non pas parce que les puzzles sont mal conçus, mais parce qu’ils donnent constamment la sensation de refaire la même chose, encore et encore.
Là où Sokobond assumait sa pureté jusqu’au bout, A Monster’s Expedition me donne l’impression de s’étirer artificiellement. L’exploration ouverte n’aide pas toujours, car elle accentue parfois ce sentiment de dispersion sans réel renouvellement. On passe d’une île à l’autre, on pousse des troncs, on recommence.
Malgré le ton charmant, malgré l’humour, je me suis surpris à repousser le moment d’y retourner. Le jeu ne m’agaçait pas, mais oui, il m’ennuyait doucement jusqu'à ce qu'il me tombe des mains...
C’est d’autant plus frustrant que l’univers aurait mérité mieux. Les monstres sont adorables, le regard porté sur l’humanité est à la fois drôle et malin, et l’écriture fait mouche bien plus souvent que je ne l’aurais cru. Mais le gameplay ne suit pas sur la durée. Il manque d’espace, de respiration, d’aires de jeu plus ambitieuses pour que les idées prennent réellement de l’ampleur.
Au final, A Monster’s Expedition est un jeu que je respecte plus que je ne l’aime. J’y vois un puzzle game bien écrit, intelligemment pensé, mais trop répétitif et trop confiné pour me retenir longtemps. L’humour m’a accroché, le concept m’a fait sourire… puis le jeu m’est simplement tombé des mains.